ART | EXPO

Indeterminate Chymistry

19 Fév - 30 Avr 2015
Vernissage le 19 Fév 2015

Qu’elles soient architecturales ou scientifiques, les utopies ne cessent de fasciner Laura Gozlan. En puisant dans l’archive scientifique, le documentaire et la fiction, elle conçoit des installations visuelles qui multiplient les points de vue et présentent une vision fragmentée de notre univers, où s’enchevêtrent croyances et incertitudes.

Laura Gozlan
Indeterminate Chymistry

La pratique de Laura Gozlan s’articule autour de films expérimentaux, de vidéos et d’installations visuelles assemblant documents, sculptures et maquettes. Récemment, elle se réapproprie des images empruntées au cinéma de genre et au film scientifique qu’elle réarrange au montage avec ses propres rushes. Laura Gozlan questionne les utopies scientifiques ou architecturales et les communautés que celles-ci fédèrent avec une prédilection pour leur représentation dans les sous-genres cinématographiques.

Pour In extenso, Laura Gozlan a conçu une installation inédite: un dispositif architectural intégrant sculptures et projection vidéo. «Indeterminate Chymistry» s’intéresse aux «zones grises» des sciences anciennes et des protosciences, à leur coexistence, lorsque le rationalisme fait place au mysticisme, nous renvoyant simultanément à des théories spéculatives et à des pratiques archaïques.

Laura Gozlan utilise l’espace de la vitrine comme support d’une première image. Cette œuvre se compose de différents fragments, les sources sont brouillées. Au sein de la galerie, l’agencement des œuvres recompose l’espace en plusieurs zones dont un espace de projection où l’image interagira avec des surfaces. Le spectateur se retrouve ainsi dans un environnement à l’intérieur duquel les images s’intègre aux sculptures. Face à ces installations visuelles, le regard se trouve fragmenté.

Le visuel de l’exposition est issu d’un traité de perspective du peintre et architecte flamand Hans Vredeman de Vries datant de 1604. Le minimalisme de l’image nous la rend étrangement contemporaine, elle évoque aisément un paysage virtuel modélisé par ordinateur. La perspective centrale traditionnelle est parasitée par la multiplicité des points de vue: le chaos surgit dans ce système rigoureux, expression de la place centrale de l’Homme dans le monde, héritée de la Renaissance italienne.
En puisant dans l’archive scientifique, le documentaire et la fiction, Laura Gozlan nous invite à quitter cette perspective unifocale pour y substituer une vision fragmentée de notre univers, où s’enchevêtrent croyances et incertitudes.

En complément de l’exposition, Laura Gozlan proposera une nouvelle performance au cinéma le Rio qui sera suivie d’une projection du film The Gladiators de Peter Watkins (1969).