DANSE | SPECTACLE

Inaudible, Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis 2017

30 Mai - 30 Mai 2017

L’Espace Michel-Simon présente Inaudible de Thomas Hauert, un spectacle évoquant les rapports entre danse et musique, au travers des compositions originales de George Gershwin et Mauro Lanza. Entre technique et improvisation, Inaudible tente de donner corps à la musique.

A l’occasion des rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis 2017, le danseur et chorégraphe suisse Thomas Hauert présente Inaudible, une pièce pour six danseurs créée en 2016, tentant de donner une présence physique à l’expérience musicale.

Inaudible : rendre visible la musique

Le travail chorégraphique de Thomas Hauert laisse habituellement place à l’improvisation et fait siennes les relations discordantes entre liberté et contrainte, individu et groupe, ordre et désordre, forme et informe. Mais il privilégie aussi les relations entre danse et musique comme le montre une fois encore, Inaudible.

Danse et musique sont ici étroitement liées en recourant au Mickeymousing, procédé utilisé dans les films d’animation de Walt Disney, consistant à souligner l’action au moyen de la musique. Ici, à l’inverse, la danse accompagne et épouse la musique. L’intention première de Thomas Hauert dans Inaudible n’est autre que faire voir et entendre ce qui ne l’est pas : «Le titre vient du fait que j’ai voulu utiliser la danse pour faire apparaître des parties de la musique qu’on ne repère pas d’habitude, qui sont comme inaudibles. Ici, on entend certains de ces éléments parce qu’on les voit littéralement dans la danse. Ce sont les gestes qui les font apparaître».

Inaudible

Si Inaudible entend laisser les danseurs être emportés par la musique, ceux-ci s’emploient à l’interpréter. Car Inaudible se présente comme une pièce interprétative. Plus précisément, elle est interprétation et réunion de la musique populaire et savante, de George Gershwin et Mauro Lanza. Si la musique de Gershwin exprime élan et vigueur, «une musique pleine de mouvement» commente Thomas Hauert, le Ludus de Morte Regis de Mauro Lanza est une composition pour vingt-huit chanteurs, jouets et musique électronique, répondant au Concerto en fa de Gershwin.

L’improvisation a donc une part essentielle pour donner consistance sur scène à ces éléments musicaux imperceptibles à la seule écoute. Evoluant d’abord sur la musique de Mauro Lanza, les danseurs forment des figures géométriques. Des séquences faites de solos accompagnent la musique et semblent s’interrompre brutalement. Leurs mouvements s’amplifient ensuite, sous l’effet de la musique de Gershwin, pour laquelle chaque instrument du Concerto en fa est personnalisé sur scène. Dès lors, les gestes et les variations chorégraphiques tendent à exprimer son intensité propre.