ART | EXPO

Il principio e solo e solo un centro spostato verso il centro

23 Juin - 30 Juil 2016
Vernissage le 23 Juin 2016

L’exposition «Il principio è solo e solo un centro spostato verso il centro» place les œuvres de six artistes italiens contemporains sous la figure tutélaire de Vincenzo Agnetti, artiste conceptuel auquel elle emprunte son titre. Sculptures, installations, photographies et dessins réaffirment l’importance du geste créatif.

Alfredo Aceto, Giorgio Andreotta Calò, Lupo Borgonovo, Andrea Kvas, Nicola Martini, Nico Vascellari
Il principio è solo e solo un centro spostato verso il centro

La galerie Bugada & Cargnel présente avec l’exposition «Il principio è solo e solo un centro spostato verso il centro» les œuvres de six artistes émergents de la scène contemporaine italienne. Le titre de l’exposition renvoie à une œuvre de Vincenzo Agnetti réalisée en 1970 dans laquelle cette inscription signifiant «le commencement est seulement et seulement un centre déplacé vers le centre» est gravée dans un carré de Bakélite noire.

Vincenzo Agnetti, un des principaux représentants italiens de l’art conceptuel, est également une source d’inspiration importante pour de nombreux artistes italiens contemporains. La démarche des six jeunes créateurs fait écho à l’énoncé de Vincenzo Agnetti: le commencement de l’œuvre consiste à déplacer un concept vers une forme, c’est-à-dire un centre de réflexion vers un centre de projection, de production et d’attention. Ce commencement réside donc dans le processus créatif. Les installations, photographies, dessins et sculptures témoignent d’une filiation dans l’attention portée au geste.

L’installation sonore Modesty Or Surprise d’Alfredo Aceto reproduit le cri du célèbre monstre de cinéma Godzilla en utilisant à sa manière les sons que les studios de production avaient employés pour créer son bruitage. L’enjeu est de constituer un décor sonore au récit non linéaire que forme la production artistique d’Alfredo Aceto, de reconstituer un son originel qui serait étroitement lié à sa création. Réassemblés, les bruits de pas, de portières de voiture qui claquent et de mains couvertes de bitume frappant sur les cordes d’un violon forment une nouvelle piste sonore qui endosse la fonction de bande-son de la vie d’Alfredo Aceto.

Les œuvres de Giorgio Andreotta Calò sont marquées par la mélancolie. Une série de polaroïds intitulée Père Lachaise capture des détails du célèbre cimetière parisien, lieu de promenade cher à l’artiste. Découpés et dédoublées, les photographies laissent apparaître leur structure, les couches d’émulsion de l’image. Le procédé accentue le destin éphémère de ces clichés polaroïds et forme une mise en abîme des lieux photographiés, eux-mêmes souvent voués à la ruine et à la destruction. Il souligne également la fugacité de ces instants et impressions captés par l’appareil photographiques. La même mélancolie habite la sculpture Untitled (Bird / Skull): un morceau de bois érodé par l’eau de mer prolonge le plumage d’un oiseau en bronze, donnant à l’œuvre une apparence de ruine ou de nature morte.

Les installations picturales d’Andrea Kvas, réalisées sur des toiles de coton amovibles, explorent les interactions entre peinture et support. Celui-ci leur octroie une grande liberté de mouvement : soumises au pliage puis déployées, les compositions se libèrent du simple statut de tableau pour entrer dans le champ de la sculpture et de la performance et dialoguer avec leur environnement.