ART | EXPO

Iconoclasses XV

18 Sep - 16 Oct 2013
Vernissage le 18 Sep 2013

Iconoclasses : icono et classes. Huit artistes en résidence dans les écoles et lycées de Haute-Normandie en 2012-2013, permettant aux élèves de suivre leur démarche artistique en dessin, photographie, vidéo, peinture et volume  — leurs œuvres actuellement exposées dans les mêmes établissements.

Morgane Allais, Kawtar Bekrentchir, Sylvaine Branellec, Anne Houel, Albane Hupin, Soo Kyoung Lee, Héléna Levée, Aurélie Sement
Iconoclasses XV

«L’une des préoccupations du programme des «Iconoclasses» est de permettre à des écoles situées en zone rurale d’accueillir un artiste pour connaître son travail et avoir une première expérience de ce que peuvent être aujourd’hui les arts visuels, que ce soit en sculpture, installation, peinture, dessin, photographie, vidéo.

Outre l’accès facilité à l’art, le travail de résidence induit «in situ». Si l’on peut rappeler que cette expression désigne une méthode artistique ou une œuvre qui prend en compte le lieu où elle est installée, cela désigne aussi plus généralement une opération ou un phénomène observé sur place, à l’endroit où il se déroule, dans cette zone que l’on a évoquée sans tout à fait la définir.

L’artiste est donc là pour inviter les élèves à se pencher sur ce lieu, le leur par une action positive de définition. Comment regarder ma propre école et ce qui s’y passe? Dans quel milieu est-ce que j’habite? Comment puis-je prendre possession de mon environnement si riche et complexe?

Comment appréhender cette forêt, cette campagne, et ces paysages traversés pour aller en ville mais mal connus? Les enseignants et les artistes, de concert, travaillent avec cette matière locale et quotidienne qui sert à la formation des premiers repères, car comment apprécier cette zone rurale délaissée si ce n’est en lui redonnant une identité que j’aurais même trouvée, moi-même expérimentée?»
Séverine Duhamel

Dans l’espace d’exposition de la gamlerie Duchamp se dessine une structure polymorphe, un hologramme projeté des démarches croisées des artistes en résidence cette année. Cette structure imaginaire est traversée par des plans et sections cartographiques, des perspectives étirées (Kawtar Bekrentchir et Morgane Allais), des lignes graphiques qui s’enroulent sur des volumes en aplats (Soo Lee Kyoung), et laissent traces sur des palimpsestes picturaux (Albane Hupin). Elle a pour base des vestiges industriels tangibles réhabilités (Anne Houel), propose une plongée immobile dans la végétation de zones en friche (Sylvaine Branellec). Enfin, elle est hantée par les explorations oniriques de territoires lunaires (Jana), et nourrie par des biofilms colorés, zooms vivants sur des détails du quotidien (Aurélie Sément).

En 1762, Jean-Jacques Rousseau, dans Émile ou de l’éducation, écrivait: «La gêne perpétuelle où vous tenez vos élèves irrite leur vivacité; plus ils sont contraints sous vos yeux, plus ils sont turbulents au moment qu’ils s’échappent».

À l’heure des ré-aménagements des rythmes de temps scolaires, qui induisent, entre autre, la mise en place d’activités plastiques «récréatives», peut-être les artistes auront-ils une opportunité nouvelle de partager leur démarche avec des élèves, démarches envisagées comme outils d’appréhension, d’appropriation et de conceptualisation du monde qui nous entoure, via la convocation de l’imaginaire, le lien de nos sens avec notre intelligence.

Vernissage
Mercredi 18 septembre 2013 à 18h30