PHOTO | EXPO

I was here, tourisme de la désolation

25 Mar - 14 Mai 2016
Vernissage le 24 Mar 2016

Le photographe Ambroise Tézenas a entrepris un long travail d’enquête sur le tourisme noir. Ce phénomène consiste à visiter des lieux qui, marqués par la tragédie, font aujourd’hui l’objet de visites guidées. L’exposition «I was here, Tourisme de la désolation» traverse les plus grands drames du XXe siècle.

Si l’ensauvagement du monde consiste en une application croissante de la barbarie, il est aussi très lié à sa mise en spectacle. Le photographe Ambroise Tézenas s’est intéressé au tourisme noir, phénomène connu dans le monde anglo-saxon sous le nom de «dark tourism», en photographiant des lieux marqués par la tragédie (naturelle ou historique) qui font aujourd’hui l’objet de visites guidées. Ce phénomène touristique croissant s’enracine dans la fascination que provoque chez nous cette capacité qu’ont les êtres humains à faire le mal ainsi que dans notre goût pour la vision des séquelles de l’horreur.

Tremblements de terre, tsunamis, catastrophes industrielles, zones sinistrées ou miséreuses constituent autant de “destinations” dont la découverte est à même de combler la curiosité ambiguë d’un nombre croissant d’amateurs. S’interrogeant sur cette réalité nouvelle, Ambroise Tézenas a entrepris un long travail d’enquête, dont il a établi le protocole avec le Pr J. J. Lennon, spécialiste des problématiques de l’industrie du tourisme.

Du massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944 aux ruines qu’a laissées derrière lui le tremblement de terre de la province chinoise du Sichuan en 2008, Ambroise Tézenas traverse le XXe siècle. “Ici, on vient vérifier un cauchemar”, résume-t-il laconiquement.

L’esthétique des photos réunies dans l’exposition est loin d’être aussi morbide que les lieux qui en sont l’objet. En cela, toute l’ambivalenceentre beauté et horreur qui caractérise notre monde saturé d’images, est soulevé avec pertinence. Il ne nous reste plus qu’à contempler le paradoxe parfois sublime qui persiste, aujourd’hui plus que jamais, entre attraction et répulsion…