DANSE | SPECTACLE

Hors Saison. Democracy

08 Fév - 09 Fév 2014
Vernissage le 08 Fév 2014

Democracy est le second volet d’un projet du collectif new-yorkais To Bang on a Can. Avec le regard singulier qu’elle porte sur les rapports entre la danse et la musique, Maud Le Pladec propose une pièce chorégraphique dans laquelle elle travaille avec la compositrice Julia Wolfe autour d’une création pour cinq danseurs et un quatuor de batteries.

Maud Le Pladec
Hors Saison. Democracy

Hors Saison, le rendez-vous danse d’Arcadi Ile-de-France
.

«Il y a deux façons de parler de soi-même ou de ce qui nous meut quand on parle des autres: la première – objective, mais altérophage– dévore l’autre en se donnant l’ambition de dire la vérité à son sujet. La seconde –partiale, mais respectueuse– se contente d’énumérer, au gré des conversations et des choses vues, les impressions laissées en soi par celui ou ceux dont on a croisé la route. C’est à cette deuxième façon de faire que je pense lorsque je travaille à partir des œuvres des compositeurs avec lesquels je collabore. Car il s’agit bien ici de rencontres: rencontre d’une musique, d’une personne, toutes deux me saisissant, tel un résonateur, faisant ainsi vibrer ce qui me travaille et m’obsède.

C’est à deux niveaux que se situe celle avec Dark Full Ride de Julia Wolfe: un engouement purement esthétique, un goût pour la dimension cinglante et vivante du morceau, puis, par résonance, extension, une réflexion d’ordre philosophique et politique. Et, c’est à la croisée de ces deux approches que se sont dessinés les contours de mon nouveau projet chorégraphique. Le projet Democracy trouve son point de départ dans l’ouvrage intitulé La démocratie contre l’État du spécialiste de philosophie politique Miguel Abensour. Dans cet essai, Miguel Abensour cherche à concilier l’idée de démocratie, conçue comme «démocratie contre l’État», avec l’idée d’utopie. Il ne s’agit pas ici de démocratie dans la définition réduite à son cadre politique mais d’une démocratie «insurgente» qui œuvre pour la dissolution des certitudes, la revendication de l’égalité comme résistance civique. Qu’est-ce que la démocratie au sens premier du terme? Qu’est-ce que le demos ? Qu’est-ce que le politique? Le politique existe-t-il en dehors de la forme «État» ? Si oui, comment?

Dans La démocratie contre l’État, Miguel Abensour nous présente un Marx qui valorise le politique contre l’État, non plus seulement en tant que geste héroïque du peuple mais comme un moment béni où le geste rejoint la forme de l’expression: la dimension du politique affirmé dans l’acte, le demos ou libre agir.

Le concept de la démocratie ne se résume alors plus à la «mise en scène» du vivre ensemble des hommes selon les exigences de la liberté, mais comme un concept de la démocratie comme une activité qui vise en permanence à ne pas laisser émerger les conditions de cette structure de domination de l’État. La vraie démocratie serait alors une critique de l’idée de forme et la valorisation de l’action, un mouvement incessant de lutte contre toute forme d’objectivisation étatique possible et redoutée, en d’autres termes, une politique de la rupture, une praxis an-archiste.

De ces notions, j’ai dégagé des principes formels pour travailler sur le plateau, des principes de relations des individus entre eux, du groupe vis-à-vis du groupe et d’une communauté vis-à-vis d’une autre (musicale-dansante). Le défi du projet étant de faire «transpirer» le geste de cette réflexion philosophique et politique.» (Maud Le Pladec)

Conception et chorégraphie:
Maud Le Pladec
Musiques: Julia Wolfe (Dark Full Ride), Francesco Filidei (Silence=Death, création originale), TaCTuS (séquence d’introduction)
Interprètes: Maria Ferreira Silva ou Olga Dukhovnaya, Julien Gallée-Ferré, Corinne Garcia, Mélanie Giffard, Simon Tanguy
Musique live: Ensemble TaCTuS (Ying-Yu Chang, Paul Chagarnier, Quentin Dubois, Pierre Olympieff)
Scénographie et lumières: Sylvie Mélis
Création costumes: Alexandra Bertaut
Assistant musical: Gaël Desbois
Documentation: Youness Anzane
Régie générale: Fabrice Le Fur
Assistant création lumières et régie lumières: Nicolas Marc
Régie son: Vincent Le Meur
Création des décors: Vincent Gadras
Production / diffusion: Natacha Le Fresne
Administration: Clémence Casses
Remerciements: Katerina Andreou, Magali Caillet, Nicolas Couturier, Jung Ae Kim, Konstantin Lipatov, Julie Pareau

Programmation
Samedi 8 février 2013 à la Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée
— 14h30: Nacera Belaza, Le Trait / Pierre Rigal, Hassan Razak, Bataille
— 16h: Andréya Ouamba, Sueur des Ombres
— 17h30: Bernardo Montet, (Des)Incarnat(s)
— 19h: Mickaël Phelippeau, Chorus (à Torcy)
— 21h: Maud Le Pladec, Democracy

Dimanche 9 février à la Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée

— 14h30: Nacera Belaza, Le Trait / Pierre Rigal, Hassan Razak, Bataille
— 16h30: Andréya Ouamba, Sueur des Ombres
— 18h: Bernardo Montet, (Des)Incarnat(s)
— 19h30: Maud Le Pladec, Democracy

Lundi 10 février au Théâtre de Vanves

— 19h30: Ivana Müller, Positions (Salle Panopée)
— 21h: Myriam Gourfink, Déperdition

Mardi 11 février à La Gaîté lyrique
— 20h: Début de la soirée, Weightless Days. Mark Tompkins, Opening Night

Mercredi 12 février au Tarmac
— 20h: Emmanuelle Huynh, Múa
— 21h: Andréya Ouamba, Step Out/2

Jeudi 13 février au Théâtre de Vanves
— 19h30: Tal Beit Halachmi, Progénitures (Salle Panopée)
— 21h: Marlene Monteiro Freitas, Paraíso, colecção privada