DANSE | SPECTACLE

Horizon

29 Avr - 29 Avr 2017

Le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France présente Horizon de Philippe Ménard, un spectacle tentant de révélant l’intimité du rapport à l’espace ressenti par chacun.

Dernière création de Philippe Ménard, Horizon est une pièce écrite pour quatre danseurs, un musicien, et une chanteuse. Horizon tente de révéler le rapport intime de chacun et de tous à l’espace, symboliquement représenté par la ligne d’horizon.

Horizon : inspirations multiples

Horizon trouve son origine dans un simple constat. La ligne d’horizon, dont Philippe Ménard s’inspire, renvoie à un paradoxe. N’évoque-t-elle pas à la fois cette limite visible entre ciel et terre et l’ouverture sur l’infini et l’inconnu ? Or ce paradoxe semble recouvrir, sinon se confondre, avec l’ensemble du travail chorégraphique conduit depuis dix ans par Philippe Ménard, dont toutes les pièces, précise-t-il, «ne font que chercher l’équilibre entre contrainte et liberté, rires et larmes, la danse virtuose et l’immobilité.»

Un tel paradoxe, qui est d’abord recherche d’une forme d’équilibre, anime donc Horizon. A l’expérience de la limite s’ajoute celle de l’ouverture au monde car l’horizon incite à la contemplation. Philippe Ménard se réfère de manière significative à ce sentiment singulier décrit par Romain Rolland dans sa correspondance avec Freud où l’individu s’identifie avec la totalité du monde extérieur, ne faisant plus qu’un avec celui-ci.

Horizon : paradoxe essentiel

Dès lors, se dessinent les lignes directrices suivies par une chorégraphie «qui cherche à appréhender la respiration, l’oscillation, une vibration, un mouvement de vie, un mouvement commun.» Contrairement aux précédentes pièces de Philippe Ménard, il ne peut ici y avoir ni récit ni personnages. Seule importe la capacité à exprimer sur scène ce paradoxe fondamental, cette oscillation entre la limitation et son contraire. Le rapport à l’espace se révèle alors essentiel. Comment figurer celui-ci pour rendre sensible ce rapport paradoxal au monde ?

Horizon tente donc de souligner les rapports entre intériorité et extériorité, entre l’intimité de chacun et le corps. Oscillation, flux et reflux, mouvement perpétuel, résonnance, amplification et réduction, sont autant d’idées ou notions qui guident la danse pour révéler un rapport sensitif à l’espace. La scène s’offre d’abord un lieu sombre et vide où apparaît une boule à facettes de grande dimension, présence symbolique d’un astre lui-même métonymie scénographiée de l’univers. La ligne d’horizon, quant à elle, n’est autre qu’un faisceau lumineux délimitant l’espace en deux parties.