Gillian Wearing : « Trauma »
Hôpital Saint Louis
L’événement
Communiqué de presse
L’exhibition est un thème majeur dans le travail de Gillian Wearing. Il revêt ici un caractère ambigu de voyeurisme et de confidence, à travers le dispositif singulier de visionnage en cabine — entre confessionnal et télé réalité. Huit personnes sont invitées à raconter devant la caméra de l’artiste un récit traumatisant de leur enfance (viols, violence…). Chacune porte une perruque synthétique et un masque en plastique légèrement brillant reproduisant de façon très réaliste les traits d’un enfant triste.
Le masque, en tant que travestissement décalé quasi monstrueux et évocation parodique et amère d’une enfance perdue, introduit dans cette œuvre un jeu subtil sur les notions de représentation, de narration, sur les rapports de l’image et de la parole, de l’art et de la psychanalyse. Agissant comme une protection – quelque peu morbide – qui respecte le besoin d’anonymat du narrateur, il altère profondément la réception des récits, suscitant à la fois une distanciation et une dramatisation. La vidéo suscite alors deux attitudes conflictuelles chez le spectateur, entre fascination et empathie pour la narration elle-même et curiosité esthétique pour la puissance visuelle et l’étrangeté de la scène.
Alors que la « télévision-réalité » et les « talk shows » sur l’intimité forment le quotidien télévisuel, l’œuvre vidéo et photographique de Gillian Wearing interroge, à travers la mascarade, le déplacement ou encore la ventriloquie, le rapport entre caméra et réalité.
Gillian Wearing
Née en 1963 à Birmingham, Gillian Wearing qui vit et travaille à Londres, a fait partie de ceux qu’on a appelé au début des années 90, les « Young British Artists » (jeunes artistes anglais), avec Damien Hirst, Tracey Emin, Richard Billingham ou encore Sam Taylor-Wood . En 1997, elle gagne le prestigieux Turner Prize.
Gillian Wearing utilise la photographie et la vidéo pour explorer la complexité des relations humaines. S’inspirant du genre des documentaires télévisés et empruntant à la culture populaire, son art est un portrait franc et perturbant de l’Angleterre contemporaine.
Infos pratiques
> Lieu
Hôpital Saint-Louis
Musée des moulages
1, avenue Claude-Vellefaux. Paris 10e
M° Jacques Bonsergent
> Contact
T. 01 42 49 49 49
www.paris.fr/musees/MAMVP
> Entrée libre
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