DANSE | SPECTACLE

Hommage d’un demi-dimanche à un Nicolas Poussin entier

26 Avr - 26 Avr 2015
Vernissage le 26 Avr 2015

Hommage d’un demi-dimanche à un Nicolas Poussin entier est inspirée par le tableau de Poussin Eliezer et Rebecca. Hélène Iratchet imagine un dialogue chorégraphique avec ces figures baroques et religieuses, en expérimentant le potentiel de rencontres que crée une scène réduite pour quatre danseurs, entre scènes absurdes, chocs complices et contacts plus rustres.

Hélène Iratchet
Hommage d’un demi-dimanche à un Nicolas Poussin entier

«Plusieurs tableaux de Poussin sont sublimes, mais, dans un genre exquis, Eliezer et Rebecca atteint peut-être un sommet. Chaque figure prise à part est un chef-d’œuvre; chaque groupe de figures en est un autre; et l’ensemble constituant le tableau aussi. Trois niveaux d’organisation donc, emboîtés l’un dans l’autre, chacun poussé au même degré de perfection; de sorte que la beauté du tout possède une densité particulière. L’œuvre se déploie en plusieurs dimensions qui accordent chacune une importance égale au jeu des formes et à celui des couleurs.» Claude Levi-Strauss, Regarder, écouter, lire. En regardant Poussin, IV, 1993.

«J’aime les pistes multiples que cet énoncé propose» déclare Hélène Iratchet quand on l’interroge pour percer le mystère du titre de son spectacle. «Il s’agit, précise-t-elle, d’un collage inspiré par un chapitre du recueil La Pêche à la truite en Amérique de Richard Brautigan, «A Half-Sunday Homage to a Whole Leonardo da Vinci», et par un texte de Lévi-Strauss sur Nicolas Poussin». Hélène Iratchet s’inspire directement d’un tableau de Poussin, Eliezer et Rebecca (1648), pour composer les costumes et les gestes des quatre interprètes. Elle transpose à sa manière le jeu des regards et la subtilité des expressions dépeintes par le grand maître. La lumière accentue l’aspect dramatique des corps et laisse entrevoir des agencements soignés. Silencieux ou accompagnés à l’orgue, les tableaux se succèdent pour mettre en majesté l’expressivité des postures et leur inspiration religieuse et baroque. Des complicités feintes et des corps à corps plus rustres s’esquissent sur la musique de Bach. Le spectacle d’Hélène Iratchet explore le potentiel des rencontres fortuites et des situations absurdes que recèle un espace volontairement réduit et délimité quand quatre personnages le partagent.