ART | EXPO

Hétérotopia

25 Mai - 08 Juil 2017

L’exposition « Hétérotopia » au Château de Servières, à Marseille, dévoile une nouvelle installation, des photographies et des films de Gilles Desplanques autour de l’architecture. La profondeur symbolique du bâti devient le déclencheur de projections mentales où l’on retrouve la figure de l’égaré, récurrente dans l’œuvre de Gilles Desplanques.

L’exposition « Hétérotopia » au Château de Servières, à Marseille, présente de nouvelles œuvres de Gilles Desplanques : une installation, des photographies et des films à travers lesquels l’artiste explore l’architecture et la figure de l’égaré.

Pour Gilles Desplanques, l’architecture est une archéologie intime

Au cœur de l’exposition se trouve l’installation intitulée La chambre. Réalisée en 2017 par Gilles Desplanques, elle est la reconstitution précise d’une sorte d’écorché architectural de la chambre de son fils. Deux larges structures carrées se croisant délimitent le volume de la pièce tandis que divers détails disséminés rappellent les caractéristiques de cet espace intime : ici un radiateur, là un dessin de rosace accroché sur un pan de mur, ailleurs des morceaux de tapis, une chaussure…

A partir de cette reconstitution se développe un monde fantasmatique : la sculpture renvoie à la profondeur sous-jacente de l’architecture qui « Mon intérêt pour l’architecture qui est une archéologie de l’existence humaine, de la culture et de l’histoire jusqu’à l’expérience la plus personnelle. Aux couches de matière du bâti répondent des couches de sens.

Une installation faite de projections mentales et de fantasmes

La chambre du fils, pièce propice à la naissance de fantasmes, devient dans l’installation de Gilles Desplanques une matrice dont émergent d’innombrables projections mentales. Autour de la sculpture gravitent ainsi diverses autres œuvres qui sont autant d’éléments d’un imaginaire. Elle est un seuil entre le monde réel et celui des fantasmes.

Les projections mentales, qui sont à la fois celles de Gilles Desplanques et celles de son fils, s’incarnent dans des films. Celui intitulé L’île de béton est une libre adaptation de la nouvelle éponyme de James Graham Ballard. On y voit un homme vivant sous les ponts d’une grande ville qui, malgré cette existence difficile dans un environnement urbain déshumanisé, semble s’adapter. Il incarne la figure de l’égaré que Gilles Desplanques avait déjà exploitée dans de précédentes œuvres. Une figure que l’on retrouve dans les réalisations comme la vidéo Le stadium où les personnages marginaux, impliqués dans des situations absurdes ou le visage masqué par divers accessoires, questionnent la réalité humaine, notre part d’animalité et notre société.

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