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Hervé Télémaque

Maître de l’association d’objets et d’images hétéroclites, Hervé Télémaque construit des œuvres fortes, qui portent un discours politique entre contre-culture et anti-colonialisme. Ce catalogue restitue les étapes de son œuvre des années 1950 à nos jours. Les différents essais et la chronologie illustrée attestent de la richesse de sa production.

Information

Présentation
Christian Briend (dir.)
Hervé Télémaque

Comptant parmi les artistes français les plus marquants de sa génération, Hervé Télémaque (né en Haïti en 1937) commence sa carrière de peintre à New York, avant de s’installer définitivement à Paris, où il contribue à l’émergence au début des années 1960 du mouvement de la figuration narrative.
D’abord situé au point de rencontre du surréalisme et du pop art, son œuvre puise autant dans son histoire personnelle que dans une profonde réflexion autour de l’objet qui permet à Hervé Télémaque d’explorer sur un mode ludique les relations entre image et langage.
Longtemps adepte de la «ligne claire» et combinant souvent peinture et objets réels avant d’aborder collages et assemblages, Hervé Télémaque porte tout au long de son évolution un regard à la fois poétique et politique sur le monde, sans jamais renier ses racines haïtiennes.

Avec un ensemble de peintures, dessins, collages, objets et assemblages, témoignant de la diversité de son œuvre, la rétrospective organisée par le Centre Pompidou et le musée Cantini de Marseille est le prétexte de ce catalogue qui constitue désormais un ouvrage de référence sur Hervé Télémaque. Susceptible de nombreuses interprétations, sa production, que caractérisent sa force plastique, son acuité critique et sa réjouissante ironie, y est éclairée par de nombreux commentaires et documents inédits.

Avec les textes de: Bénédicte Ajac, Jean-Paul Ameline, Bernard Blistène, Christian Briend, Renaud Faroux, Alain Seban, Pierre Wat.

Ce catalogue est publié à l’occasion de l’exposition rétrospective d’Hervé Télémaque présentée au Centre Pompidou à Paris du 25 février au 18 mai 2015, puis au Musée Cantini à Marseille, du 19 juin au 20 septembre 2015.

«Brouilleur de cartes, Hervé Télémaque n’est pas forcément à un paradoxe près et s’en félicite même. N’a-t-il pas déclaré un jour: “Ma peinture est extraordinairement simple, contrairement à ce que l’on a pu dire. Elle est, quelque part, très limpide car le fil conducteur est l’autobiographie.” Mais à d’autres moments, il avait aussi dit “Dans le fond, ma peinture n’est pas vraiment autobiographique: elle s’enracine dans mon vécu, dans les anecdotes, de petites histoires qui me sont arrivées, mais mon problème en tant que peintre, c’est: comment passer de ce vécu à des images qui puissent circuler, et ce avec mes seuls moyen: le plan, les couleurs, les titres”, ce qui, si l’on y réfléchit bien, n’est pas tout à fait contradictoire.

Plonger les critiques et les historiens de l’art dans la perplexité face à la nécessité d’expliquer la peinture de Télémaque doit donc être un des bonheurs du peintre car celui-ci n’a pas la réputation d’être un artiste facile à commenter. C’est pourquoi certains d’entre eux ont vu dans la biographie du peintre une planche de salut envisageable. Il est vrai que ses tableaux sont pleins de références autobiographiques connues de lui seul — si du moins on ne l’interroge pas à leur propos. Et pourtant, de sa naissance à Haïti, mais “dans un quartier bourgeois à dominante allemande”, de ses ascendances blanches et mulâtres, de son oncle fondateur de revues indigénistes, de ses premières émotions de peintre, ses tableaux n’en disent apparemment rien de clair, sauf à se faire préciser la raison de tel ou tel détail. Télémaque n’est pas un réaliste et il en sera ainsi tout au long de sa vie.»
Jean-Paul Ameline

Sommaire
— Avant-propos, par Bernard Blistène et Alain Seban
— Paris/Marseille 2015, par Christian Briend
— Quatre entrées poue Hervé Télémaque, par Jean-Paul Ameline
— Hervé Télémaque: l’éternel retour, par Renaud Faroux
— Objets d’incertitude, par Pierre Wat
— Œuvres exposées, par Christian Briend
New York (1959-1960)
Paris (1962-1964)
«Ligne Claire» et combines (1964-1967)
Objets (1968-1969)
Retour à la peinture (1970-1979)
Collages (1974-1980)
Le Propre et le figuré (1979-1989)
Assemblages (1991-1996)
Fusains (1993-2002)
Peintures récentes (2000-2014)
— Peindre une vie: Biographie, par Bénédicte Ajac
— Annexes