ART | EXPO

Hello Chair

24 Mai - 18 Juil 2014
Vernissage le 24 Mai 2014

Dans un esprit d’irrévérence, l’artiste se joue des hiérarchies entre art et éléments décoratifs. Ses peintures murales aux couleurs acidulées viennent couvrir une grande partie des murs et du sol de la galerie. A travers la vision d’un futur joyeusement statique, elle questionne les notions de progression et de régression inhérentes au modernisme.

Lily Van Der Stokker
Hello Chair

À première vue, les œuvres de Lily Van Der Stokker semblent manifester une certaine ironie, mais en définitive, il s’agirait plutôt d’une sorte d’irrévérence. Cette forme de distance, de détachement conceptuel, lui permet d’embrasser chaleureusement un flower-power acidulé, à travers des peintures murales telles que Happy, Friendly Love, Kissy, Wonderful et un optimisme grinçant notamment via: I’m Ugly, How Sad for You, How Pitiful, What a Rude Way to Treat Artists.

Lily Van Der Stokker se joue des hiérarchies et classements entre art et éléments décoratifs. L’artiste renverse la célèbre doctrine du minimalisme: «Less is More» par une proposition bien plus appropriée: «The more the Better»! Par exemple, quand l’œuvre Hello Chair — qui donne son titre à l’exposition — vient couvrir temporairement une grande partie des murs et du sol de la galerie Air de Paris avec un message accueillant, il s’avère cependant que les installations de Lily Van Der Stokker ne sont pas si impermanentes. En effet, si elles sont recouvertes après leur exposition, elles perdurent pourtant dans les cloisons même de la galerie. Ainsi, ces trois nouvelles œuvres rejoignent les précédentes, toujours réalisées spécialement pour la galerie Air de Paris.

Dans une interview récente, Lily Van Der Stokker évoque la croyance dans le modernisme développée par les artistes au début des années 90 (pour la plupart installés à NY), devenue quelque peu superficielle, voire démodée, mais si le modernisme n’est plus la force motrice des artistes, que leur reste-t-il? No Improvement, No Progress (Aucune amélioration, aucun progrès), à travers la vision d’un futur joyeusement statique, semble questionner ces notions de progression, régression, inhérentes au modernisme. Et, finalement, Don’t Worry, Nothing Will Happen, conçue comme une peinture réconfortante et conviviale pour le monde de l’art, est une possibilité de consolation offerte par l’artiste en réaction au monde artistique souffrant de cette course incessante à la nouveauté. Ou peut-être, Lily Van Der Stokker souhaite simplement exposer ici l’affection particulière qu’elle porte au mot «Nothing».