ART | CRITIQUE

Hassan Khan

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@31 Déc 2004

A la fois artiste, compositeur et vidéaste, Hassan Khan propose une réflexion sur la société égyptienne, et plus globalement sur nos sociétés aujourd’hui, à une époque d’uniformisation des cultures et des comportements. Un questionnement sur l’identité au moyen de la vidéo, du son et du livre.

L’exposition se compose de trois oeuvres : un livre et deux installations (vidéos et sons) avec pour fil conducteur la confrontation entre les deux aspects de la société égyptienne, la tradition propre à l’Égypte et la culture occidentale, standardisée.

Elle débute par le livre 17 and in AUC, qui invite le spectateur à découvrir par la lecture les impressions de l’artiste sur son passé de jeune homme égyptien étudiant l’anglais et la littérature comparée à l’Université américaine du Caire. Histoire personnelle qui peut être perçue comme un symbole de la double identité qui caractérise aujourd’hui la grande majorité de la population du Caire.

La vidéo et le son, terrains de prédilection de Khan, poursuivent cette réflexion dans les deux autres œuvres. Dans The Hidden Location quatre projections simultanées et synchronisées montrent une succession de séquences variées, aux styles totalement différents. On y voit des acteurs jouant des scènes, des images du Caire, d’un concert, etc. On hésite entre la fiction et le documentaire. Le spectateur est placé au milieu de la pièce, entouré par les images, les dialogues et par une bande-son variée, changeante et envoûtante. Le tout crée un ensemble énigmatique et enveloppant.
C’est ce caractère déroutant et immersif de l’oeuvre qui en fait sa force et qui amène à réfléchir sur la place de chacun dans une ville submergée par deux courants d’influences, par deux systèmes de pensées. Quel comportement adopter face à une montée de l’uniformisation, et quelle place reste-t-il pour la singularité en Égypte et ailleurs?

The Hidden Location (L’Emplacement caché) car c’est au Caire mais cela pourrait être n’importe où. Dans Relapse, il y a également cette dimension d’une chose cachée car c’est la dimension de l’intime qui vient compléter cette réflexion menée par Khan.
Quatre projections montrent des personnes qui dorment, chez eux, dans leur intimité. Les écrans sont suspendus à environ 1,50 m du sol, la pièce est dans la pénombre et une bande-son nous fait partager la matinée de chacun. L’installation interroge la notion de classes sociales et de conditions, elle symbolise l’attraction exercée par les œuvres de cet artiste, ainsi que sa réflexion sur la place et l’identité de l’homme dans la société actuelle.

Hassan Khan
17 and in AUC, 2004.
The Hidden Location, 2004. 4 projections synchronisées. 52’.
Re/Lapse, 2000. Vidéo. 30’.