ART | EXPO

Hallal

27 Fév - 27 Mar 2004

Pendant 1 mois, l’artiste transforme la galerie d’art en boutique de vêtements sportswear dont il a créé la marque: «Hallal».

Kader Attia
Hallal

«Hallal» comme «la Machine à Rêves» questionne les effets de la diffusion des signes de la mondialisation sur les sociétés déracinées.
Ces groupes sociaux sont travaillés par des courants contradictoires: dépossédés de leurs traditions culturelles, victimes d’un déficit identitaire, ils s’approprient les codes vestimentaires les plus représentatifs des valeurs de la société qui les rejette. Ils semblent être les cibles privilégiées d’un marketing mondial qui n’a simplement jamais pensé à eux. Ils semblent… car la réalité (celle des banlieues en particulier) est autrement plus complexe. Elle est codifiée à un point tel qu’eux-mêmes créent leurs propres codes. Le rôle de l’artiste pour Kader Attia est de révéler ce caché: il refuse la distance critique et se veut artiste immergé dans les mondes qu’il révèle et dont il est issu. De ces mondes, il se veut une conscience nomade et non une science sédentaire; son esthétique se double d’une éthique.
Il entend justement questionner la place de l’artiste dans le réel qu’il interroge, et réfléchir sur la façon de désorienter/ré-orienter les relais de son travail.

Ce nouveau projet vise à re-territorialiser un ensemble de codes vestimentaires en les ré-agençant autour d’une nouvelle griffe «Hallal».
Au sens propre «hallal» est l’attribut garantissant la pureté religieuse de la viande consommée par les musulmans. Par extension Hallal signifie «pur» au sens large (authentique, sans problèmes, sain, clean,…), dans l’argot des banlieues.
Or cette re-territorialisation ne se veut pas critique et distante mais vécue. En effet, après avoir déposé sa marque à l’INPI*, l’artiste va réellement fabriquer t-shirts, sweats à capuche, jeans et strings Hallal.
Il entend justement questionner la place de l’artiste dans le réel qu’il interroge, et réfléchir sur la façon de désorienter les relais de son travail.
Kader Attia n’expose pas des «vêtements-œuvres-d’art» mais propose une démarche totale où circulent marchandises, codes barres et codes secrets: il a juste changé quelques étiquettes et ça fiche une drôle de pagaille.

L’art de Kader Attia, est-ce vraiment de l’art?
La galerie Kamel Mennour, transformée en boutique de fringues, est-ce vraiment une galerie d’Art ? Est-ce vraiment hallal ?