DANSE | SPECTACLE

Grensgeval

18 Oct - 19 Oct 2017

La filature présente Grensgeval de Guy Cassiers et Maud Le Pladec, un spectacle s’inspirant de la pièce de théâtre de Elfriede Jelinek, Les suppliants. Conjuguant théâtre et danse, Grensgeval fait entendre une multitude de voix, celles des réfugiés venant du Moyen Orient en guerre.

D’abord présentée lors du Festival d’Avignon 2017 par le metteur en scène belge Guy Cassiers et la chorégraphe Maud Le Pladec, Grensgeval est un spectacle pour seize danseurs, adaptation de la pièce de théâtre Les suppliants d’Elfriede Jelinek.

Grensgeval : responsabilité

Ecrite en 2013, la pièce d’Elfriede Jelinek s’est d’abord voulue réaction à l’actualité la plus immédiate, l’Autriche refusant de reconnaître et donner le droit d’asile aux migrants fuyant le Moyen Orient en guerre. Le titre même de cette pièce fait directement référence à celle d’Eschyle, Les suppliantes, dans laquelle celui-ci évoque le principe de ce que nous appelons aujourd’hui le droit d’asile. Refusant le mariage forcé avec l’ennemi vainqueur, les filles du roi Danaos décidèrent d’échapper à leur triste destinée en fuyant l’Egypte. Elles trouvèrent alors refuge auprès du roi Pélasge qui les accueillit après avoir consulté son peuple.

Si Elfriede Jelinek a pu faire du réfugié le personnage au travers duquel se révèle la situation même de la politique européenne, Guy Cassiers prolonge à sa manière une telle intention dans Grensgeval. Cette pièce, qui prend place parmi d’autres spectacles de nature politique sur l’histoire européenne, aborde ouvertement la question de l’immigration et la crise actuelle avec laquelle l’Europe est aux prises. Guy Cassiers entend d’abord mettre en scène l’expérience même de ces immigrés et les conséquences de leur arrivée en Europe, réactions et discours étant considérés comme des éléments essentiels de Grensgeval. Guy Cassiers attire notamment l’attention du spectateur sur le les usages du langage dont le complément est la chorégraphie de Maud Le Pladec.

Grensgeval : danseurs et acteurs

Conservant le caractère polyphonique du texte d’Elfriede Jelinek, Guy Cassiers recourt alors à plusieurs disciplines, parmi lesquelles la danse : «À l’instar de Jelinek qui fait référence dans son texte à la mythologie grecque, entre autres à l’Odyssée et à la guerre de Troie, je me suis inspiré, entre autres, de tableaux de Jérôme Bosch pour mes projections. En outre, j’y ai ajouté des images que l’actualité nous a entre-temps gravées sur la rétine».

Seize danseurs dirigés par Maud Le Pladec accompagnent quatre acteurs. La danse semble alors établir un contraste entre le foisonnement du texte, les projections vidéo, et la bande sonore. Mais elle contribue aussi à amplifier l’effet de multiplication des voix du texte original.