DANSE | SPECTACLE

Graf

20 Fév - 20 Fév 2012

Graf se construit sur un dispositif cubique qui se métamorphose et à l’intérieur duquel un interprète va devoir évoluer tout en alimentant un «espace-machine». Le corps et son environnement interagissent jusqu’à brouiller les pistes entre objet et être vivant, tous deux se présentant comme des architectures animées.

Mustafa Kaplan, Filiz Sizanli
Graf

Telle une Alice au pays des métamorphoses, Filiz Sizanli se contorsionne à l’intérieur d’un cube aux dimensions variables…
Est-ce l’espace qui danse, ou les interprètes qui le font danser? Qui manipule qui?
On finit par ne plus savoir si les danseurs sont les marionnettes de l’espace-machine ou s’ils le modifient à leur guise.
Les jointures de l’espace craquent, d’autres dimensions, d’autres visions du corps deviennent possibles…

Mustafa Kaplan est ingénieur de formation, Filiz Sizanli est architecte. Ensemble, ils ont conçu ce qu’ils appellent un «espace-machine», capable de transformer l’énergie du corps en énergie électrique. La scène se présente à nous comme une étrange toile d’araignée, une géométrie aléatoire et fragile dont le fonctionnement ne semble pas soumis aux lois physiques de la réalité: dimensions, gravité, optique, tout est susceptible de changer d’un moment à l’autre. Un pas, un geste peuvent modifier tous les paramètres de la scène–lieu d’exposition des corps abstraits en même temps qu’architecture évolutive.

Le corps lui-même n’a plus de limites fixes: automate relié aux machines, objet plastique, il se tend, se détend et se redéfinit au gré des déploiements de l’espace.
Pour déjouer les pièges du plateau, ils doivent trouver de nouvelles manières de se déplacer. Tels des explorateur en territoire étranger, Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli s’aventurent hors de leur abri –étrange vortex situé au cœur de la scène. Cette configuration permet d’explorer un état d’apprentissage où les réactions de l’espace déstabilisent la compréhension et la perception, obligent à des avancées, à des retraites. La chorégraphie devient le résultat d’une adaptation continue : une frontière qui semblait infranchissable devient tout à coup inexistante…

Taldans a été établie en 2003 à Istanbul par Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli. Ils ont créé une variété de projets indépendants et collaboratifs depuis lors y compris Sek Sek (2003), Solum (2004), Graf (2006) et Dokuman (2009).
Le nom de Taldans dérive du Laboratoire de Recherche théâtrale (TAL) au Théâtre de la Municipalité métropolitaine dans lequel Mustafa Kaplan a établi un centre de recherche de mouvement et de danse. Une dizaine d’individus qui utilisaient de ces studios avec le support de Beklan et Ayla Algan ont ensuite fondé CATI (L’Association des Artistes de Danse contemporaine) après avoir quitté le Théâtre de la Municipalité métropolitaine.

Duo/ 2006/ 1heure
Chorégraphie et interprétation: Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli
Création son et musique: Cevdet Erek
Son et musique: Sinan Kestelli
Scénographie: Erki De Vries avec Filiz Sizanli et Mustafa Kaplan
Costume: Naz Erayda
Texte: Kerem Kurdoglu
Création lumière: Yann Marussich
Lumière: Yuksel Aymaz
Coproduction: CATI Association des Artistes de Danse contemporaine; Festival Montpellier Danse; l’Institut français d’Istanbul; les Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis, CND Paris
Avec l’aide à la diffusion d’Arcadi.

Horaire: 19h30