ART | EXPO

Going Under

18 Juin - 30 Août 2016
Vernissage le 18 Juin 2016

L’exposition «Going Under» rassemble à la galerie Maubert huit artistes dont les œuvres sont placées sous le signe de la répétition. Les sculptures, tableaux, dessins et performances résultent de gestes répétés qui font écho aux gestes standardisés de la vie quotidienne pour mieux s’en détacher.

A partir des travaux de huit artistes, la galerie Maubert explore la question de la répétition. Toutes à leur manière, par le biais d’objets et de gestes différents, les œuvres présentées incarnent un acte de répétition qui fait écho aux gestes productifs de la vie quotidienne et du monde du travail. Cependant, intégrés dans un projet artistique, séparés de leur finalité habituelle, ces gestes ordinaires deviennent extraordinaires.

Les tableaux d’Isabelle Ferreira sont obtenus par un martellement répétitif de bois peint. Les coups de marteaux entaillent et sculptent la matière picturale pour créer des compositions qui relèvent autant du travail du peintre que de celui du tailleur de pierre.
C’est par la répétition du ponçage que Régis Perray réalise des pièces où s’inscrit la question du corps et du temps: des tableaux aux sujets traditionnels (natures mortes, paysages, portraits) achetés sur des brocantes puis soigneusement poncés, comme gommés par les ans.

Dans la vidéo From Sand To Dust (Du sable à la poussière), Claude Cattelain marche sur place, dans le sable, jusqu’à à la tombée du jour, pendant presque quatre heures. Creusant peu à peu le sable sous ses pas par ce mouvement continuel, il éprouve physiquement la matière, l’espace et le temps.

Les dessins de Myriam Omar Awadi répètent à l’infini leur motif de petite fleur bleue qui semble envahir tout son travail, qu’il couvre toute la surface du support ou orne des mégots de cigarettes comme sur la digigraphie intitulée Fumisterie. L’insistance du motif nous renvoie avec ironie aux visions stéréotypées de l’amour, de la séduction et du romantisme.

Entre citation et interprétation, Pascal Lièvre trouve, quant à lui, dans l’histoire de l’art les gestes d’autres créateurs qu’il répète dans ses œuvres à la lisière entre citation et interprétation personnelle.

En reprenant à leur compte des gestes renvoyant à la répétition mécanique, usuelle et stéréotypée, les artistes les déplacent dans un champ réflexif, improductif. Leurs œuvres affirment la soustraction de l’art à la standardisation de la vie quotidienne.