ART | EXPO

Glocal sessions 2

13 Avr - 23 Juin 2012
Vernissage le 12 Avr 2012

Pour ce second temps de l’exposition «Glocal sessions», l’artiste Bruno Petremann teste les limites du goût et défend la spontanéité de l'art, de la biologie et du design. Quant à Erwan Venn, il mise sur la nostalgie pour mettre au point ses décorations et ses atours domestiques. En perturbant l'ordre des choses, l'artiste met en lumière la fragilité de l'être.

Bruno Petremann, Erwan Venn
Glocal sessions 2

À rebours d’un produit marketing dont l’efficacité se jauge dans l’équilibre entre optimisation technique et satisfaction d’un désir, le travail de Bruno Petremann évoque une génération spontanée croisant la biologie et le design. Telle une résistance viscérale à l’uniformisation du goût, la lisse résine convulse et se mue en boursoufflures quand les modules géométriques subissent un développement viral. Ses volumes, dont l’échelle convoque à la fois la sculpture et l’architecture, affirment leur présence dans l’espace et invitent le visiteur à adopter une posture. Hésitant à percevoir une forme qui se contient ou qui jaillit, à ressentir de l’attraction ou de la répulsion, nous vivons l’exacerbation de notre adhésion ou de notre refus des archétypes stylistiques de l’objet consommable.

La résistance possible, qui témoigne de l’identité plus ou moins singulière de chacun, peut s’illustrer par Bourdieu: «les goûts sont avant tout des dégoûts» envers ceux des autres, avec lesquels il y a «une distance à maintenir» (La distinction, 1979). Les pièces récentes confirmant leur déliquescence, le dégoût s’accroît proportionnellement à l’énergie dans laquelle se fond désir libidinal et pulsion consommatrice.

Le décoratif, l’ornemental et les atours domestiques de la nostalgie constituent le champ de manœuvres d’Erwan Venn. Volontiers joueur et taquin, il perturbe l’ordre des choses, en anime les calmes surfaces et révèle ainsi, à la manière de vanités contemporaines, la fragilité de l’être et l’enfance comme un état d’esprit sans cesse écorné par le temps qui passe.