ART | EXPO

Give Piece a Chance

19 Jan - 03 Mar 2013
Vernissage le 18 Jan 2013

L’exposition, dont le titre est emprunté à la chanson éponyme de John Lennon qui, en 1969, signe avec elle l’une des premières créations entremêlant musique populaire, art visuel et manifeste politique, est présentée dans le cadre de Free Son 3, un parcours artistique autour du son à Saint-Nazaire.

Sam Durant, Haroon Mirza, Bojan Šarčević
Give Piece a Chance

La musique, populaire, traditionnelle serait-elle un médium privilégié pour annoter les transformations du monde? Cette matière polyphonique, invisible et enveloppante, saurait-elle inclure et exprimer de façon particulière les bouleversements subtils d’une société, ses flux réactionnaires ou ses forces d’émancipation?

C’est l’hypothèse que semblent formuler Sam Durant, Haroon Mirza, et Bojan Šarčević lorsqu’ils explorent le rôle de la musique face à l’histoire et ouvrent des espaces de relecture de moments, passés ou contemporains, liés à la transformation des identités culturelles.

Adoptant une approche conceptuelle et politique de la musique, les trois artistes se gardent pourtant bien d’être théoriques ou didactiques: chez eux la suggestion l’emporte toujours sur la frontalité, et le corps — celui qui interprète un morceau ou en accueille l’écoute — est le médium essentiel de ces circulations entre un fragment musical et son contexte sociétal.

Dès lors, chacun à leur manière, Sam Durant, Haroon Mirza et Bojan Šarčević, révèlent comment, face aux logiques imposées, la forme musicale permet d’esquisser des chemins de traverse et des conceptions du monde alternatives, malmenant les archétypes et les symboles.

Qu’elle nous transporte vers le sud des Etats-Unis, en Turquie ou dans un appartement anglais, la dimension sonore organise ici un temps de suspension, propice à l’examen, comme autant d’espaces d’interprétation, qui tiennent lieu de résistance.

À parcourir comme une composition, l’exposition « Give piece a chance » croise ces trois regards critiques sur les fondements des états nation, leur contexte culturel et religieux. Elle révèle délicatement certains mécanismes à l’œuvre dans nos sociétés, comme ces mouvements perpétuels de balancier entre mémoire et troublant oubli, peur et fascination.

Elle emprunte son titre au morceau de John Lennon Give peace a chance, composé lors du happening Bed in performé avec Yoko Ono en 1969, l’un des premiers croisements entre musique populaire, art visuel et manifeste politique. Quarante ans plus tard, si les impérialismes n’ont plus uniquement le visage du conflit armé, une même question demeure: saurons-nous donner une chance au «vivre ensemble» ?