ART | CRITIQUE

Giuseppe Penone

Vernissage le 12 Juil 2008
PMuriel Denet
@10 Juin 2008

L’empreinte, la trace, deux paradigmes qui modèlent l’œuvre de Giuseppe Penone, la tension entre le matériau et l’image, entre le végétal et les matériaux usinés, bronze et inox. Les pièces sont somptueuses, et soyeuses.

Aux murs, trois pièces monumentales, chacune composée de l’assemblage de quatre panneaux d’un noir velouté, couverts de motifs argentés. Au sol, un tronc d’arbre torturé par le ressac, sur lequel s’est encastré un caisson d’inox miroitant.

Mais tout n’est que faux-semblant. L’argent n’est que graphite sur du papier noir, dont les volutes serrées évoquent des veinures minérales, ainsi que le suggèrent les titres des œuvres, mais aussi les traces que l’eau laisse sur le sable après le reflux. Les pièces sont somptueuses, et soyeuses comme du satin. Le tronc est de bronze, seul l’inox se donne pour ce qu’il est : surface usinée parfaitement réfléchissante.

L’empreinte, la trace, deux paradigmes qui modèlent l’œuvre de Penone, la tension entre le matériau et l’image, sont encore au cœur de l’installation forestière qui se déploie dans la clairière du sous-sol.

Parfaitement alignées, vingt-quatre pièces rectangulaires d’écorce semblent sécher à l’air, posées à même le sol ; l’une d’elles cependant est surélevée sur un échafaudage précaire de branchages, couverte d’une peau. Seule cette pièce de cuir, qui épouse le relief de l’écorce, empreinte de l’empreinte, est ce qu’elle est.
Écorces et branchages sont là encore de bronze, obtenus par moulages, patinés, vermoulus, scintillant çà et là de quelques brillances cuivrées incongrues, et privés de toute odeur.
Un hymne au végétal donc, paradoxal, fossilisé en un monument (funéraire), qui résonne étrangement dans ce repli urbain qu’est le sous-sol d’une galerie au cœur de Paris.

Giuseppe Penone
Pelle di grafite / Peau de graphite, Rodonite, 2003-2006. Dessins à la mine de graphite sur papier noir. 300 x 400 cm / 4 dessins de 150 x 200 cm chaque.
Pelle di grafite / Peau de graphite, Uraninite, 2003-2006. Dessins à la mine de graphite sur papier noir. 300 x 400 cm / 4 dessins de 150 x 200 cm chaque.
Pelle di grafite / Peau de graphite, Purpurite, 2003-2006. Dessins à la mine de graphite sur papier noir. 300 x 400 cm / 4 dessins de 150 x 200 cm chaque.
La Geometria nelle mani / La Géométrie dans les mains, 2007. Sculpture en bronze et en inox. 195 x 120 x 103 cm.
Lo Spazio della scultura (Pelle di cedro)/L’espace de la sculpture (Peau de cèdre), 2001. Bronze et cuir. Dimensions variables : élément vertical 145 x 85 x 170  cm / 24 plaques 90 x 160 cm chacune environ.

AUTRES EVENEMENTS ART