ART | EXPO

Giovanni Anselmo

16 Jan - 27 Mar 2010
Vernissage le 16 Jan 2010

L’environnement dans sa globalité est au centre du travail de Giovanni Anselmo – la force de la nature, le poids et la gravité, la masse et l’énergie, la matière. Reprenant des œuvres anciennes pour les réactiver, Anselmo n’a de cesse de revenir à un vocabulaire de formes et de matériaux décrivant la relation entre l’homme et l’univers.

Giovanni Anselmo
Giovanni Anselmo

«mentre la luce focalizza
e le pietre e i colori sono un peso vivo
e la mano indica l’altrove
e la terra si orienta…»

«pendant que la lumière focalise
et que les pierres et les couleurs sont un poids vif
et que la main indique l’ailleurs
et que la terre s’oriente…»

La Galerie Marian Goodman présente pour la première fois dans son espace parisien le travail de Giovanni Anselmo. Nous montrerons quatre œuvres, «quatre moments simultanés», quatre suggestions d’espaces au-delà de l’exposition.

Particolare, 1972-2010 se décline en deux projections de diapositives. Les projecteurs posés l’un a côté de l’autre au sol dans deux directions différentes projettent le mot «particolare» («détail», ou «situation particulière»). Tandis qu’un des mots est lisible sur un mur, l’autre est révélé par la rencontre du faisceau lumineux avec un support dont la nature et la présence sont aléatoires et nécessairement en provenance de l’extérieur. «Prendre conscience que la réalité peut être comprise comme la somme de toutes ses composantes individuelles, mais jamais capturée dans son infinie totalité est le message essentiel de Particolare».

L’Altrove, mentre La Mano lo indica, 1980 (L’ailleurs, pendant que la main l’indique) est un grand dessin au crayon sur papier marouflé sur toile dans lequel une main, la paume face au spectateur, donne une direction. Anselmo conçoit une exposition «comme une œuvre à part entière, identifiée par un titre et localisée – pour la durée d’une exposition […]- au sein d’un espace muséal mais en considérant le temps et l’espace extérieur, qui s’étend au-delà du temps de l’exposition et en dehors du musée. […]».

Mentre le pietre e i colori sono un peso vivo, 2010 (Pendant que les pierres et les couleurs sont un poids vif) est composé de trois plaques de granit de couleurs différentes: «Balmoral» (rose), «Labrador» (bleu) et «Nero Africa» (gris). Toutes trois sont posées au sol sur l’une de leur tranche, un peu à l’écart du mur, de sorte que seul un angle s’y appuie. Cette disposition donne une surprenante impression de légèreté à des pierres de plusieurs centaines de kilos. «Je me rends disponible à la force de la gravité, à l’énergie du champ magnétique terrestre […] et, en «convoquant» ces énergies, je les rends quotidiennes ; par exemple, je prends la distance qui sépare le sol des étoiles et je la rends envisageable, plus confidentielle…».

Devant les pierres monumentales, Mentre la terra si orienta, 2010 (pendant que la terre s’oriente) se compose d’une étendue de terre, au centre de laquelle est posée une boussole. «En 1967 j’ai commencé à donner le titre de Direzione à des oeuvres où une aiguille magnétique était insérée dans divers matériaux, comme du formica, du bois, du tissus, du ciment, de la pierre ou de la terre. Alors qu’elles sont de forme et de matériau différents, chacune de ces œuvres est supposée indiquer l’orientation nord-sud en fonction de l’aiguille magnétique et non en fonction de l’orientation de l’espace à l’intérieur duquel l’œuvre est installée».

Depuis plus d’une quarantaine d’année, le travail de Giovanni Anselmo s’inscrit dans le mouvement de l’Arte Povera. L’environnement dans sa globalité est au centre de son travail – la force de la nature, le poids et la gravité, la masse et l’énergie, la matière. Reprenant des œuvres anciennes pour les réactiver, Anselmo n’a de cesse de revenir à un vocabulaire de formes et de matériaux décrivant la relation entre l’homme et l’univers.

 

critique

Giovanni Anselmo