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Gilles Barbier. Un abézédaire dans le désordre

Claude Berri inaugure son espace parisien avec une exposition personnelle de l’artiste, et les éditions du Regard lui consacrent une monographie monumentale : c’est décidément une bonne saison pour Gilles Barbier.

Information

Présentation
Pierre Sterckx
Gilles Barbier. Un abézédaire dans le désordre

Cette première monographie de Gilles Barbier n’adopte pas la construction thématique ni même chronologique qui généralement explorent les différents aspects d’une œuvre pour la simple raison qu’elle résiste aux structures classiques. «La démarche de Gilles Barbier s’y refuse, et son réseau de terriers creusés et arpentés par des vers peut être approché par n’importe quel bout. Je conçois que cela en déconcerte certains, formés à des méthodes de linéarités unifiantes».

En effet, Barbier utilise en les réinventant tous les supports pour créer un œuvre protéiforme, théâtral ou intime selon les moments, mettant en valeur sa culture, sa pensée philosophique et artistique en démontrant l’unité et la continuité d’un œuvre rhizomique qui échappe à une conception linéaire du temps.

Avec un humour décapant, Gilles Barbier met en place un travail qu’il ne définit ni comme critique, ni comme «peinture du monde», ni comme problématique mais comme autant de fictions qui se répondent en échos.

Personne jusqu’ici ne s’était attaché à analyser l’essence même de cet œuvre qui demeure pour beaucoup énigmatique. Pierre Sterckx se livre à une véritable enquête et démontre que les signes rencontrés dans l’œuvre de Barbier — pictogrammes, écritures, mots, clones, couleurs, dessin à la réserve, prouesses techniques… — constituant à première vue un tout multiforme voire hétéroclite, s’ordonnent en fait en un véritable langage dont la forme souvent classique se mélange aux fragments allusifs d’une vaste culture de notre temps. Des pages de dictionnaires, aux clones, à la Grande Maquette ou encore aux dessins noirs, l’œuvre de Barbier articule profondément le langage et la mémoire au désir, en ce lieu où peindre, dessiner, sculpter, écrire sont une même chose.

Gilles Barbier exposera sous le titre «Le cockpit, le vaisseau, ce qu’on voit depuis le hublot» à l’espace Claude Berri, 4 Passage Sainte-Avoye, à Paris, du 21 mars au 10 mai 2008.

L’auteur
Pierre Sterckx
, critique d’art, est l’auteur de nombreux livres dont, aux éditions La Lettre Volée, Le Devenir cochon de Wim Delvoye.