ART | EXPO

Gently I pressed The Trigger

23 Mai - 21 Juin 2014
Vernissage le 23 Mai 2014

L’artiste palestinien a choisi de se battre avec l'Art. Il combine la peinture avec l’exercice du tir, une compétence acquise lors de son entraînement de soldat. En résultent des œuvres abstraites, jets de couleurs qui éclaboussent la surface de la toile, qui témoignent d’une performance, à la croisée de l’art et du militarisme.

Khaled Jarrar
Gently I pressed The Trigger

«J’avais deux choix: résister ou résister, mais j’ai choisi de me battre avec l’Art». Khaled Jarrar évoque à travers ces mots à la fois son combat et son arme. Ses œuvres sont de véritables «pistolets chargés», instruments de l’artiste engagé d’après Sartre.

Depuis son plus jeune âge, Khaled Jarrar a une tendresse particulière pour la peinture. Ainsi, à travers l’exposition «Gently I press the trigger», l’artiste concrétise son désir d’explorer ce medium, en le mêlant au tir — compétence acquise lors de son entraînement de soldat.

Les conditions de mise en œuvre de ce projet furent particulièrement difficiles. Le fait que Khaled Jarrar soit un soldat dans la garde présidentielle palestinienne n’a paradoxalement pas facilité son accès au matériau de création (les balles).

Contrairement aux Etats-Unis où l’on peut aisément acheter des munitions et des armes — incluant des fusils d’assaut —, en Palestine, chaque tir, chaque balle a un prix inestimable. L’impossibilité de tirer dans la rue ou dans tout autre espace public, même le désert, a forcé l’artiste à construire une pièce insonorisée en utilisant essentiellement des centaines de boîtes d’œufs, des matelas et des lattes de bois. Il a également installé un énorme monticule de sable pour éviter que la balle ne ricoche. Ce projet a donc plongé Khaled Jarrar dans la clandestinité alors qu’il se trouvait dans sa propre ville, Ramallah.

En résultent des œuvres abstraites, des jets de couleurs qui éclaboussent la surface de la toile. Ces peintures sont également le témoignage d’une performance, une croisée entre art et militarisme, entre violence et action. Les balles projetées nous touchent mais ne nous tuent pas. «Elles nous rendent plus forts et nous interrogent» explique l’artiste.
L’ensemble des tableaux est accompagné de deux vidéos montrant le soldat/artiste dans sa performance.