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Génération Tahrir

28 Jan - 14 Fév 2016
Vernissage le 29 Jan 2016

Pauline Beugnies, photographe belge, a vécu au Caire pendant cinq ans. Elle a suivi le soulèvement de la jeunesse égyptienne, surnommée la «génération Tahrir». Ses photos sont exposées à la Friche La Belle de Mai, tandis que le street artiste égyptien Ammar Abo Bakr réalise une fresque in situ pendant plusieurs jours.

Ammar Abo Bakr, Pauline Beugnies, Alaa Fifty, Hind Meddeb, Ahmed Nagy, Anna Roussillon, MC Sadat
Génération Tahrir

Cinq ans après la révolution de 2011, où la jeunesse égyptienne puise-t-elle l’énergie citoyenne pour trouver sa place dans la société? Pauline Beugnies, photographe belge, fait le portrait de cette «génération Tahrir» et secoue les stéréotypes sur le monde arabe. Ses photographies sont exposées sur les murs de la Friche, en regard d’une fresque que l’artiste égyptien Ammar Abo Bakr réalise en direct sur le site pendant une semaine. L’exposition et le live painting sont prolongés par un concert de MC Sadat et Alaa Fifty, venus du Caire pour faire découvrir à Marseille l’électro chaâbi; la première en Europe du spectacle de théâtre Antigone of Shatila dans le cadre des Rencontres à l’échelle; la projection au Gyptis de deux films documentaires, Electro Chaâbi de Hind Meddeb et Je suis le peuple d’Anne Roussillon, en présence des réalisatrices.

Les photographies de Pauline Beugnies – réalisées en Egypte entre 2010 et 2015 – s’exposent sur les murs de la Friche, en plein air, visibles par les habitants du quartier et les visiteurs. Plus de 50 photographies grand format tirées sur wallpaper, collées sur les murs ou au sol, dressent le portrait de cette «génération Tahrir», porteuse des espoirs du monde arabe. Pauline Beugnies, née en 1982 en Belgique, a vécu au Caire pendant cinq ans. Arabophone, elle travaille sur des projets photographiques documentaires. Après des études de journalisme, elle a créé le collectif de photographes «Out Of Focus» en 2006. L’essentiel de son travail porte sur l’Egypte et le monde arabe dans l’idée d’en déconstruire les stéréotypes.

En regard de l’exposition, l’artiste égyptien Ammar Abo Bakr réalise en direct une fresque murale pendant une semaine sur les murs de la Friche, glissant du tout nouveau playground de football et du skatepark investis par les jeunes du quartier jusqu’au premier étage du site. Il sera accompagné de Pauline Beugnies et d’Ahmed Nagy. Tous trois dialogueront quotidiennement avec les usagers de la Friche. Ammar Abo Bakr est un street artist égyptien. Ses peintures murales, réalisées aux abords de la place Tahrir pendant le soulèvement de 2011, l’ont fait connaître dans le monde entier. Après la révolution, avec d’autres artistes, il lance en mars 2012 la campagne de graffitis «No Walls», où il utilise le trompe-l’œil pour transformer artistiquement les barrières de béton. Artiste engagé, il a cofondé l’association Mahrosa pour préserver le patrimoine et l’art moderne de Haute-Egypte. Il travaille également comme dessinateur avec une équipe archéologique égypto-allemande.

Le Gyptis, cinéma de la Friche, diffuse deux films documentaires, suivis de rencontres avec les réalisatrices Hind Meddeb et Anna Roussillon, la photographe Pauline Beugnies, le journaliste Ahmed Nagy et les musiciens MC Sadat & Alaa Fifty. Hind Meddeb, journaliste franco-tunisienne, suit depuis leurs quartiers, leurs repaires (pigeonnier, cave, chambre chez les parents…) les artisans du Mahragan, le «nouveau son des quartiers populaires du Caire», mouvance musicale autant que politique. Elle montre, dans Electro Chaâbi, l’immense popularité de ces enfants croisés de la révolution, du hip-hop, du raï et de l’électro, le tout grâce à l’Internet, aux copies pirates qui circulent et au vent de liberté qui a suivi la révolution du 25 janvier 2011 en Egypte. Alors que le peuple égyptien se soulève place Tahrir, les villageois des campagnes du sud suivent la révolution sur leurs écrans de télévision. Du renversement de Moubarak à l’élection et la chute de Morsi, le film Je suis le peuple suit ces bouleversements du point de vue de Farraj, un paysan de la vallée de Louxor. Au fil du quotidien agricole, entre espoirs et déceptions, le changement se fait attendre.

Dates
Vernissage le vendredi 29 janvier à 18h30 au restaurant Les Grandes Tables, suivi d’un concert gratuit à 21h30
Live painting du 28 janvier au 3 février dans la cour Jobin des Magasins, niveau 1
Cinéma-rencontre le samedi 30 janvier à 17h30 au cinéma Le Gyptis
Représentations de Antigone of Shatila les 29 et 30 janvier au Grand Plateau