ART | CRITIQUE

Game is over

PClément Dirié
@12 Jan 2008

Peuplées de mannequins sans tête ni mains, entre envol, verticalité et fuite, entre soumission, peur et violence, les installations de Lars Nilsson sont traversées d’une provocatrice mélancolie.

Peuplées de mannequins sans tête ni mains, entre envol, verticalité et fuite, les installations de Lars Nilsson sollicitent l’imagination. Face à elles, le visiteur s’invente des histoires, sans nécessairement interpréter.

Les installations The House Angel et When I Died, ou encore celle qui est présentée au Centre culturel suédois, He Was an Assman, I Guess, gravitent au-dessus de nos têtes.
When I Died, une sorte de nouveau Radeau de la Méduse, exprime une vision mélancolique. Sur une plate-forme, plusieurs mannequins sans tête ni mains semblent en proie au danger et à l’angoisse. Rien ne paraît pouvoir les aider dans leur errance sans avenir, ou dans les relations tendues dans lesquelles ils sont pris.

Selon le titre de l’exposition : Game is Over. Dans l’œuvre éponyme, quatre mannequins évoluent dans un univers fictionnel. Un tissu Burberry, à la fois peau, habit, ou même code génétique, les recouvre de la tête aux pieds. L’un est tenu en laisse par un second, tandis que les deux autres s’affrontent et se provoquent. Il se dégage de l’ensemble une extrême tension, une atmosphère lourde de soumission et de peur, une sourde et redoutable violence.

L’exposition s’ouvre sur un énorme lustre de cinq cent trente ampoules dont l’effet est éprouvant pour la vision, presque aveuglant. Plus loin, dans le noir, la vidéo Midway In Our’s Life Journey I Found Myself In Dark Woods présente une jeune femme nue qui se masturbe avec application dans un paysage de sous-bois. Dans une autre vidéo, The House Angel, on rencontre un satyre volant et des lumières stromboscopiques. En raison de son caractère provocateur, cette partie de l’exposition est d’ailleurs déconseillée aux cardiaques et accompagnée de cette mise en garde selon laquelle « certaines images peuvent choquer la sensibilité ».

L’œuvre de Lars Nilsson se déploie dans un espace de fiction où s’expriment ses névroses et obsessions, où la mélancolie croise la provocation.

Lars Nilsson
Game is over, 2000. Installation : quatre mannequins revêtus de tissu Burberry. Dimensions variables.
Triumph of Style, 1998. Installation : sculpture en fibre de verre, coton, polystyrène et laine. Lustre de 530 ampoules. Dimensions variables.
When I Died, 1999. Installation : sculpture en fibre de verre, coton et polystyrène. Dimensions variables.
Midway In Our’s Life Journey I Found Myself In Dark Woods , 2002. Vidéo-installation. 30’ en boucle. Dimensions variables.
The House Angel, 2000. Installation : sculpture en fibre de verre et soie. Dimensions variables.
Only Words/Representation In a Short-circuit, 1997. Installation : sculpture en fibre de verre et soie. Dimensions variables.