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Galerie Villa des Tourelles : Patrice Pantin

15 Déc - 21 Jan 2006
Vernissage le 14 Déc 2005

Il grave des incisions dans le papier pour faire pénétrer la couleur à l’intérieur de la matière. La tension entre un contrôle minutieux du geste et une part aléatoire importante.

Lieu
Galerie Villa des Tourelles

Communiqué de presse
Extrait de l’entretien entre Patrice Pantin et Pierre Manuel, philosophe et critique d’art en juin 2005 à l’occasion de l’exposition à la Galerie AL/MA, Montpellier. (Texte dans son entier sur simple demande à la galerie)

Pierre Manuel : Il y a une phrase de Hegel qui dit que le résultat ne peut se comprendre sans ce dont il résulte. Cela me semble particulièrement vrai pour votre travail qui met en jeu des techniques très originales et significatives. Nous allons donc commencer par cette description des outils et conditions de fabrication de ce que vous appelez des «dessins», sans oublier que le sens d’une technique dépasse les moyens mis en oeuvre.

Patrice Pantin : les «dessins» renvoient tout de suite à mes travaux sur papier, mais j’utilise aussi ce terme pour d’autres travaux qui prennent le mur et le sol pour support; des sortes d’installations «infra-minces» où je tire des lignes d’ombre à partir de fil épinglé et dont je vous parlerai plus tard. Pour en revenir au papier, je travaille sur de grandes feuilles; Grandes, cela veut dire des formats dans lesquels je peux me sentir physiquement pris, qui m’enveloppent et se fondent à la surface du mur sur lequel je les fixe. Ces feuilles me «tiennent debout» Leur base fait 146 cm de large et 230 cm de haut. Je peux multiplier cette largeur par deux ou par trois et ainsi obtenir des panneaux de 292 cm ou 438 cm de largeur. Je rentre alors dans une dimension nouvelle qui vient bousculer le rapport d’échelle et la méticulosité nécessaires à la fabrication de tout ça. En fait, je procède sur plusieurs étapes: La première consiste à fixer ces feuilles sur un panneau et, moi debout en appui à les inciser.
La seconde étape a lieu au sol, lorsque je les mets en couleur. La première étape, celle du dessin par incision, se passe au fil de la lame, avec la pression de la main, celle du bout des doigts. La seconde étape est très différente : je dois agir de façon très concentrée, sans droit à l’erreur, malgré une part aléatoire qui reste importante. Je place les feuilles au sol, je marche dessus, les traverse; il y a donc une réelle inscription du corps, du geste qui va révéler le travail préparatoire d’incision, par la manière dont la couleur, l’encre, va se répandre dans ces incisions. Ce sont de vraies gravures, à tirage unique et monumental .

P.M. : Ce que vous appelez la deuxième étape consiste à faire pénétrer la couleur, comme élément fluide, dans le papier. Comment procédez-vous pour répandre cette couleur ? et pourquoi dites-vous ne pas avoir droit à l’erreur ? ou inversement quelle est la part de risque que vous êtes prêt à assumer ? On peut aussi s’interroger sur la part d’initiative que laisse le processus d’encrage: est-il déjà déterminé à l’avance ou au contraire confié au geste en acte ?

P.P. : Il s’agit effectivement de faire rentrer la couleur à l’intérieur du papier. Pas sur le papier, mais à l’intérieur. Pour cela, je nappe la feuille d’adhésif et j’incise ce mince pelliculage ainsi que le papier qui est dessous. Sans le crever; avec ce grammage (400gr) j’ai du crédit, les feuilles sont rarement percées. Attentif à la pression du cutter, j’inaugure le dessin par une première ligne qui parcourt la feuille de bout en bout. Puis en m’appuyant sur cette première ligne, je fais les suivantes, de façon très empirique. Travail de marathonien, il y faut de la constance et aussi de l’écoute car chaque nouvelle ligne doit s’inventer à partir de la précédente. Dans ce moment, je grave un «terrain» une suite de sillons ou encore une sorte de tissu pictural qui sera prêt à absorber, à venir prendre le liquide qui va s’engouffrer dans le papier.  »

Infos pratiques
> Lieu
Galerie Villa des Tourelles
9, rue des anciennes-mairies. 92000 Nanterre
RER A Nanterre-Ville
sortie rue Maurice Thorez
> Horaires
mardi, jeudi, vendredi de 16h30 à 19h30 et mercredi, samedi de 14h30 à 19h30
> Contact
T. 01 41 37 52 06
> Entrée libre

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