Kiki Seror: «Pleasure Victimes: Fragments d’un discours érotique»
Galerie Valérie Cueto
L’événement
Communiqué de presse (par Kiki Seror)
Chères Victimes,
Le féminisme n’est plus hanté par les médias ou technologies, mais plutôt utilisé pour construire l’individualisme et son histoire. Par conséquent, les médias ne manipulent plus l’individu. Ceci est le résultat d’un choix: la mode comme langage, ce que j’aime appeler Les Victimes du plaisir.
Je travaille l’imagerie digitale, domaine qui est surtout pratiqué par la gente masculine. Je ne choisis pas ce support pour sa capacité à créer des réalités simulées, trop précises pour mes besoins et je laisse cela aux maîtres. Je suis une femme venant à la technologie. Ma curiosité pour ce domaine est plutôt «néo-alchimiste». Je ne l’utilise pas pour concurrencer Hollywood ou les médias, ceci n’est pas la critique d’un établissement économique. J’utilise des images digitales déjà existantes afin d’en définir les conventions et les propriétés revues et corrigées par ma propre féminité, selon mes propres limites, plaisirs, désirs, intérêts et dans ma propre voie. Dans cette «globale solitude» rencontrée en ligne, le je (sujet) est rempli par l’auto objectivité du je (objet).
Je prends et consomme tout ce que ce support me donne: l’information, la transmission en temps réel, la communauté mondiale, la société de consommation, et le plus important pour moi, un spectacle d’images à télécharger au gré de mes caprices. Je quitte cette autoroute digitale, et toujours dans le même espace, où toutes ces informations sont maintenant téléchargées (mon bureau), je commence à manipuler mes découvertes fragmentées. Mes outils (les logiciels) restructurent et offrent une nouvelle signification à mes nouvelles acquisitions.
Dans les salles de T’chat ou de vidéo, je tape des mots sexuels, utiliser «le langage sexuel est éprouver le langage dans sa plénitude» (Foucault). Comme si le langage pouvait avoir une Jouissance ou Jouissance à travers le langage. Roland Barthes dans «Fragments d’un discours amoureux» de 1977 écrit sur le désir en inventant un amant (sujet) se parlant à la première personne «je» et sans objet. La structure du livre déclame ce que j’ai ressenti la première fois en 1996 jusqu’à aujourd’hui. Voici à quoi ressemble une conversation en ligne:
«Le langage est une peau: je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des mots en guise des doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. L’émoi vient d’un double contact : d’une part, toute une activité du discours vient relever discrètement, indirectement, un signifié unique, qui est «je te désire», et le libère, l’alimente, le ramifie, le fait exploser (le langage jouit de se toucher lui-même); d’autre part, j’enroule l’autre dans mes mots, je le caresse, je le frôle, j’entretiens ce frôlage, je me dépense à faire durer le commentaire auquel je soumets la relation.» (Roland Barthes: extrait de «Fragments d’un discours amoureux»).
La culture digitale comme double sémantique de la vie. L’idée du transfert et du contre-transfert (Lacan) est semblable à ce qui est éprouvé en ligne. Communiquer en temps réel (avec un invisible partenaire) exige son complément. Cela signifie que ces textes, images et significations sont transférés, négociés, de sorte que les sujets qui sont écrits sont créés par le sujet qui lit et vice-versa. «Moi» et «Nous» lisons dans «Vous», ainsi vous-même en moi, et ainsi de suite.
L’acte de transfert de mon information personnelle devient collectif dans votre espace social (la galerie) et joue un rôle important tant il correspond à un déplacement des émotions, les vôtres et les miennes. Le désir est souvent informe; je parle des rencontres sexuelles distantes et désincarnées. Que dirait-on de la langueur, de l’image, de la lettre d’amour, puisque c’est la totalité du discours de l’amoureux, qui est tissée autour du désir sensuel, de l’iconographie, des déclarations? Mes dialogues ne sont pas des appropriations, mais proviennent d’une expérience et de mes engagements. Je vous emmène vers mes transformations visuelles par l’intermédiaire des images digitales et textes.
Laissez-moi vous présenter quelqu’un que vous connaissez bien: Une victime du plaisir.
Infos pratiques
> Lieu
Galerie Valérie Cueto
10-12, rue des Coutures Saint Gervais. Paris 3eme
M° St-Sébastien Froissart
> Horaires
du lundi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h30 à 19h
> Contact
T. 01 42 71 91 89
contact@valeriecueto.com
www.valeriecueto.com
> Entrée libre
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