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Galerie RX: Yuki Onodera

09 Mar - 09 Avr 2005

À l’occasion de l’ouverture de son deuxième espace, la galerie organise une rétrospective des œuvres de l’artiste japonaise Onodera. Ses photographies captent l’épaisseur des choses pour accéder à d’autres niveaux de réalité. Sans faire appel aux émotions et sans s’apparenter au documentaire.

Yuki Onodera
Galerie RX

L’événement
Communiqué de presse

La galerie RX ouvre un deuxième espace au même numéro, le 6 de l’avenue Delcassé

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Ce nouveau lieu de 70 m2 au rez-de-chaussée est divisé en 3 pièces donnant pour les 2 premières sur l’avenue, et la dernière sur la cour avec 4 m sous plafond. La galerie se retrouve ainsi avec 25 mètres de vitrine.

Pour l’inauguration de ce nouveau espace et l’occasion de la rétrospective consacrée à la photographe Yuki Onodera (41 ans) par le National Museum of Osaka, la galerie RX expose l’ensemble de son œuvre..

Pour Yuki Onodera, la photographie est histoire et mémoire de part la captation de l’instant et la pérennité qu’elle génère. Elle réalise elle-même ses photographies et aime explorer les différentes techniques de tirage : la qualité de papier et des bains sont d’une grande importance.

Les ombres incarnées de Yuki Onodera par Evence Verdier

Yuki Onodera n’oublie pas qu’il en est de l’image comme de l’air qu’on respire. On la consomme en abondance et sans s’en rendre compte. Elle est partout : dans notre environnement, mais aussi en nous-mêmes, puisque que c’est par son entremise que nous accédons au réel, qui en soi n’existe pas. C’est bien par notre perception et nos interprétations que nous construisons et que nous donnons consistance à des mondes possibles. Parce que l’image est à la fois interface et simulation, Yuki Onodera se préoccupe essentiellement de réfléchir à ses enjeux et, simultanément, de la réfléchir, en convoquant le monde équivoque des ombres et des reflets. […]

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Yuki Onodera aime nous montrer les choses telles qu’on ne les a jamais vues ou telles qu’on n’a jamais pris la peine de les voir. Dans la série «Watch your joint !» (2004), elle s’emploie à extraire des images d’un film de match pour leur donner la matière d’un corps photographique. Son entreprise s’accompagne d’un détourage contextuel. Elle rend les visages impersonnels et efface les inscriptions sur les maillots, les publicités et, d’une façon générale, tout ce qui constitue le langage stéréotypé des photos de sport, pour qu’il ne reste plus, dit-elle, que “ le pur mouvement des corps ”. Elle cherche à retenir le récit à la lisière de la représentation en privant de leur contexte les objets photographiés et en entretenant dans les images des équivoques liées à la figure du double. Yuki Onodera donne aux footballeurs l’aspect de fantômes en conférant aux images un peu d’étrangeté : ici, le désintérêt des joueurs pour le ballon, là, une jambe ou un ballon en trop, là encore, plus de ballon du tout… […]

Yuki Onodera veille à ne pas charger ses images d’émotions et de sentiments. Elle ne cherche ni à exprimer son ego, ni à enregistrer la réalité ; elle fabrique d’ailleurs des photographies « préparées », à l’instar des « pianos préparés » de John Cage qui plaçait entre les cordes de l’instrument divers objets destinés à en démultiplier le timbre.(…) En outre, pour que l’image ne soit pas que de l’information, et que, d’une certaine manière, elle «décolle» aussi, l’artiste se livre à des opérations et des manipulations d’ordre technique (greffes, collages, superpositions et autres astuces d’illusionniste). Chaque photographie est le résultat de déformations et de petits décalages volontaires qui s’insèrent dans le circuit de l’information. (…) Que l’artiste travaille à partir de données prélevées dans les médias, ou à partir de ses propres prises de vue, elle cherche à inscrire dans l’image fixe la capacité d’un mouvement, essaye de capter l’événement plutôt que l’objet, et tente par des opérations diverses de remettre en question le caractère d’une image qui, de figée, peut ainsi devenir vivante. (…) Le flou (qui n’est pas du tout « artistique » !) a pour fonction de permettre au regard le dépassement de la monstruosité et d’inviter le spectateur à une reconstruction. En introduisant ainsi dans l’image la possibilité d’une durée, Yuki Onodera donne à voir quelque chose de la nature insaisissable du visage.

(…) Loin de vouloir photographier des « instants décisifs », elle scrute les apparences et cherche à capter l’épaisseur des choses pour accéder à d’autres niveaux de réalité. Elle tranche dans les flux de l’information plutôt que de se laisser emporter par eux, comme si pour comprendre un peu mieux le monde, il fallait non pas vouloir tout embrasser, mais prélever des échantillons, les isoler et les soumettre, comme le font les chercheurs ou les alchimistes dans leur laboratoire, à des examens, des expériences et des catalyseurs. Yuki Onodera ne crée pas une photographie sans avoir en amont d’abord imaginé des dispositifs de prises de vue et de mise en scène élaborés.

(…) Ainsi, chaque photographie de Yuki Onodera constitue un plan perforé entre le monde réel et cet « autre côté » dont l’appareil photo est sans doute la plus juste métaphore. […]

Extraits du texte d’Evence Verdier 2004, Paris, Catalogue de l’exposition Yuki Onodera. / The National Museum of Art, Osaka.

Infos pratiques
> Lieu
Galerie RX
6, avenue Delcassé. Paris 8e
M° Miromesnil
> Horaires
du mardi au samedi de 12h à 19h
> Contact
T. 01 45 63 18 78
galerierx@club-internet.com
www.galerierx.com
> Entrée libre

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