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Galerie Paule Friedland et Alexandre Rivault : Les deux éternités de Nicolas Kennett

07 Déc - 18 Déc 2005
Vernissage le 06 Déc 2005

Des dessins à la craie sur des ardoises d’écolier. Une odyssée immobile qui mène de nos souvenirs d’école buissonnière au quotidien.

Lieu
Galerie Paule Friedland et Alexandre Rivault

Communiqué de presse (extraits)
Nicolas Kennett a depuis longtemps élu la sculpture et le bronze. Souvenirs d’enfance et de vadrouilles en tête, il a parcouru les débuts de son œuvre au pas de course. Après avoir délaissé pendant des années le travail en deux dimensions (du moins ne le montrait-il pas), il le retrouve avec un travail qu’il considère complémentaire de son œuvre sculpturale : des dessins à la craie sur des ardoises d’écolier.
La tablette noire et son cadre en bois ouvrent la fenêtre, et là : un poisson rouge qui s’enfonce où on ne sait; l’émergence d’un triton; une herbe rase où on s’attend à voir un ver luisant; une silhouette qui fait le guet au sommet d’un buisson; le rêve d’un visage… L’art de l’éphémère fait percevoir l’épaisseur du temps et d’aventure surgir en soi l’éternité. Ces ardoises, que sont-elles? La manifestation de l’insaisissable, peut-être. Elles crèvent l’écran de ce qu’elles représentent.
Ardoises : c’est le monde des cartables, des craies de couleur, des pleurs pour des drames de rien et des sommeils brusques après les cavalcades. L’enfance et cet éternel en nous qui fait flotter le regard intérieur. Ces dessins engagent à une odyssée : non celle initiatrice du voyage, mais l’odyssée immobile qui mène de nos souvenirs au quotidien.
Bien sûr l’enfance, mais buissonnière, qui ne fait pas de dictées ni ses lignes d’écriture, qui rêve d’escapades et baye aux corneilles. Une enfance qui s’accapare et délaisse, efface et recommence, qui fait à moitié, non par paresse, mais parce queça suffit.
Ces œuvres tranchent dans le parcours d’un sculpteur attaché au bronze. Comme s’il voulait se risquer à atteindre ce qui dure par l’effaçable ou le cassable. Comme on touche à l’éternel fragile en découvrant un matin sur la neige, sur le sable d’une plage, dans la boue sèche d’une berge, des empreintes.

Il y a deux éternités : l’œuvre de Nicolas Kennett pourrait l’illustrer.
Cette éternité devant soi qui se dépense en conquêtes, en campagnes et en jouissance de soi. L’ensemble de ses bronzes témoigne de l’énergie formidable qu’il a mise en œuvre pour représenter un monde, de l’intime au monumental, comme pour faire le tour de la prison.
Et puis une éternité moins tapageuse. On la sent depuis l’enfance, elle nous rejoint parfois à l’âge d’homme. Expérience subjective qui fait changer de dimension, cette éternité arrête notre marche et creuse sur place son royaume; d’un devant soi, elle passe en soi et laisse entrevoir, partout où elle surgit, une profondeur au lieu d’une étendue.
Ce à quoi peut-être invitent ces ardoises.

Patrick Autréaux — Paris, août 2005

Infos pratiques
> Lieu
Galerie Paule Friedland et Alexandre Rivault
64 Rue des Tournelles. 75003 Paris
M° Chemin Vert
> Horaires
tous les jours même le dimanche de 15h à 20h
> Contact
T. 01 42 72 40 95
alex.rivault@free.fr
> Entrée libre

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