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Galerie Maria Lund : Maibritt Ulvedal Bjelke et Elle-Mie Ejdrup Hansen

30 Juin - 20 Juil 2005

La première se consacre au rendu de la matière picturale. Elle s’interroge sur les qualités intrinsèques de la peinture, du support en tant que matières à travailler et non pas sur la représentation. L’abstraction est totale. Toute l’oeuvre de la seconde est un questionnement permanent sur le mystère de la vie. A la fois concrètes et symboliques, abstraites et figuratives, ses créations touchent des registres allant du spirituel au scientifique.

Lieu
Galerie Maria Lund

Communiqué de presse
Maibritt Ulvedal Bjelke
«Une couleur est belle quand elle parle»

S’il est de ces artistes qui se consacrent à la matière, au rendu de la matière, Maibritt Ulvedal Bjelke (1967 – ..) est de ceux-là. Elle donne toute sa force à la peinture, une peinture qui n’est pas à prendre comme moyen d’expression, mais comme expression même, comme une envie de vivre la matière et de la faire expérimenter.

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Les réflexions de l’artiste se font sur les qualités intrinsèques de la peinture, du support en tant que matières à travailler et non pas sur la représentation. On pourrait reprendre ici la célèbre citation de Frank Stella What you see is what you see car la finalité de l’oeuvre est l’authenticité. Une authenticité qui nie toute intention symbolique pour s’attarder exclusivement sur ce qui est constituant, constitutif et non pas sur ce qui est de l’ordre de l’accessoire, de la narration.

La matière est là, libre d’être elle-même, de gicler, de couler, de goutter, d’être absorbée, de résister. L’abstraction est totale et seuls les gestes amples et sûrs rattachent les oeuvres de Maibritt Ulvedal Bjelke à la réalité, à notre réalité physique. En 1996 le philosophe Yves Michaux qui a suivi le parcours à l’ENSBA de Maibritt Ulvedal Bjelke écrivit à son sujet qu’elle faisait partie de ses «peintres de l’insistance, ceux qui dans la concentration et le recueillement, sont à la recherche de ce presque rien que sont les couleurs et les formes».

Les premières expositions de Maibritt Ulvedal Bjelke donnaient à voir des oeuvres où des plages de couleurs très denses étaient juxtaposées sur un support brut avec beaucoup de relief (superpositions d’affiches de rue). Par la suite, le geste a pris plus d’importance et les champs de couleurs ont évolué vers des compositions où dominent des «rayures» horizontales et des coulures. La présence de coulures, dont le sens est souvent en contradiction avec la gravité du tableau fini, souligne une volonté d’abstraction pure.
Les peintures récentes de Maibritt Ulvedal Bjelke se caractérisent en d’autres choses par des traits de brosse verticaux. L’engagement du corps de l’artiste se fait particulièrement sentir par la puissance qui se dégage de l’application même de la matière. Un trait recouvre ou se juxtapose à l’autre. Les couleurs, très fluides (acrylique et huile) sont proches ou éloignées dans le spectre et mettent en avant les qualités propres à la couleur (luminosité et obscurité, chaleur et froideur). Leurs relations créent le mouvement et le rythme, soulignés par la densité et la transparence de la matière en opposition à la lumière du support papier laissé apparent.

Elle-Mie Ejdrup Hansen : «Intercession»
Face à l’oeuvre d’Elle-Mie Ejdrup Hansen (1958 – ..) on se retrouve tel ce personnage contemplatif de Caspar David Friedrich au sommet d’une montagne face à une mer de nuages qui cache un monde. Il suffirait d’un souffle pour le découvrir, pour transformer le précédent. Un souffle qui est simultanément révélateur d’une dimension supérieure et destructeur de ce qui était. Toute l’oeuvre de cette «multi-artiste» est un questionnement permanent sur le mystère de la vie. A la fois concrètes et symboliques, abstraites et figuratives, ses créations – qu’elles soient des installations, des sculptures de lumières ou des tableaux – touchent de nombreux registres allant du spirituel au scientifique.

Ses nouveaux tableaux, qui saisissent par leur force et leur beauté, sont également empreints d’un côté mélancolique car telle la poésie, les oeuvres transportent tantôt vers le léger tantôt vers le profond. Au premier plan, des branches aux feuilles — simultanément figuration et ornementation – remplissent la surface. L’arrière-plan est un espace abstrait de couleur et de matière. Une couleur dominante — le rouge, le vert ou l’or nous transporte vers d’autres sphères. Par endroit une forme floue ou une ombre se dessine. Dans un tableau on retrouve le contour d’une silhouette, couchée ou flottante, qui habite des oeuvres de l’artiste depuis son introduction en 1999
(Conversation avec Kiefer I-III).

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Les tableaux sont constitués de pigments fixés en couches denses et veloutées sur une toile. En saturant la toile de pigments l’artiste crée une membrane de poussière colorée, minérale ou organique, et porteuse de la lumière immatérielle. Par endroit, elle grave dans la matière ou rehausse une forme ou un trait avec une pâte d’huile.

«Intercession» est le titre de cette série de tableaux qui s’inscrit dans la suite de Qu’est-ce que je peux dire de 2004. Ce titre, une citation d’un psaume de 1737 du poète Brorson, décrit l’émerveillement devant les faits de la création. Ainsi, INTERCESSION cherche à évoquer des aspects de la vie où le verbe ne suffit plus, où l’image se crée. Le magique et le poétique se font sentir alors tout autant que l’horreur et le silence.

Les artistes
Maibritt Ulvedal Bjelke
Maibritt Ulvedal Bjelke a été exposée pour la première fois à la Galerie Maria Lund en 2004 qui a également présentée ses premières lithographies en décembre dernier. Ses peintures avaient été précédemment montrées à Paris (Galerie Veronique Smagghe, Galerie Zürcher et Galerie Susanne Tarasiève) et l’artiste expose régulièrement à Copenhague et à Zurich depuis 1997. Maibritt Ulvedal Bjelke a reçu le Prix de Talent (Paris) en 1992 ainsi que le Prix de Vitry en 1999. En mars 2004, l’artiste a fait l’objet d’un interview pour l’émission « Etat d’Art » diffusée sur France Culture.

Elle-Mie Ejdrup Hansen
Elle-Mie Ejdrup Hansen expose à la GALERIE MARIA LUND depuis 1999. Elle y a présenté trois expositions personnelles («Terre et lumière» (2000), «Images bleu clair»(2002) et «Peinture & sculpture» (2004). En 2003, l’Espace Croix-Baragnon à Toulouse avait également présenté une sélection de ses oeuvres. Elle expose régulièrement depuis 15 ans dans les galeries et les institutions en Scandinavie où elle a été primée. Son installation de lumière laser, La ligne – la lumière, Sculpture de la Paix 1995 a fait le l’objet d’un film de Rikke Rørbech, montré à la 6e Biennale de films sur l’art au Centre Pompidou. Le 12 mai à 19h la Maison du Danemark à Paris présente ce film dans le cadre de la manifestation Objectif Art. En mars, 2001 Art press a consacré un article à son oeuvre.

Infos pratiques
> Lieu
Galerie Maria Lund
48 rue de Turenne. Paris 3e
M° Chemin Vert
> Horaires
du mardi au samedi de 12h à 19h
> Contact
T. 01 42 76 00 33
galerie@marialund.com
www.marialund.com
> Entrée libre

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