Zbigniew Libera : «Des Corps Désinvoltes dans l’Histoire»
Galerie Magda Danysz
L’événement
Communiqué de presse
Artiste de la nouvelle scène polonaise, Zbigniew Libera suit une démarche particulière : dans une attitude désinvolte, marquée par la distanciation, l’ironie tempérée et l’humour désabusé, il traite des rapports symboliques à l’histoire. En détournant des situations connues de tous, il offre à voir des œuvres subversives, appelant au questionnement.
Dans son étonnante série Positives, Libera poursuit son entreprise de manipulation des images : il travaille sur les photos de presse historiques passées dans la mémoire collective, dont il tire des versions « amusantes ». De la mort du Che à la petite vietnamienne brûlée au napalm, il inverse le message de ces icônes qui résument une part essentiel de notre savoir sur l’histoire tragique du XXeme siècle. Cette méthode trahit la façon mécanique dont le spectateur « identifie » ce qui justement n’apparaît pas, illusion d’une suggestion purement formelle. « La culture, tout comme la nature, devient petit à petit l’environnement naturel de l’homme, explique Libera. Je considère mes œuvres comme un moyen de contrôle sur ce qui a modelé mon moi. »
De renommée internationale, Zbigniew Libera a rarement exposé en France. A l’occasion de la Saison Polonaise et des Semaines Européennes de l’Image, la galerie Magda Danysz accueille ses œuvres récentes, en partenariat avec la fondation Atlas Sztuki de la ville de Lodz, l’Institut Polonais à Paris et les Semaines Européennes de l’Image.
Né en 1959, Zbigniew Libera a ses origines dans la scène artistique «inofficielle» polonaise des années 80. Emprisonné sous le régime soviétique pour ses prises de position politiques, il a eu l’occasion après la nouvelle indépendance polonaise d’entrer en contact avec les mouvements les plus avant-gardistes de l’art contemporain, lors de nombreux voyages. Parmi les œuvres de cette époque il y a Intimate Rites et Mystical Perseverance (1984), ou encore How to train the girls (1986).
Depuis les années 90, « Zbigniew Libera s’est approprié le langage du pop art. Puisant dans le rayon des objets de la production en série, chacune de ses œuvres est réalisée minutieusement pour ressembler à l’original. Ainsi, expliquent Enrico Lunghi et Christine Walentiny, curateurs d’une de ses expositions, sa série des Correcting Devices (1994-2000) ironise sur les anxiétés manifestes de notre monde démocratique/ capitaliste et sur ses icônes, qui, depuis la fin du socialisme ont littéralement inondé la Pologne»
Dans l’ensemble de ses œuvres, Libera dépasse les frontière traditionnelles de la représentation. C’est particulièrement perceptible avec LEGO System (1996), un ensemble de sept boîtes vides. Sur les boîtes sont représentées diverses scènes de camps de concentration entièrement construites à l’aide des célèbres briques en plastique. Pourtant aucune référence spécifique à la deuxième guerre mondiale ne s’y trouve : presque toutes les pièces sont prises du stock Lego existant, suggérant que les éléments pour ces atrocités existent dans notre société et que l’histoire elle-même se répète. Libera veut démontrer « le danger potentiel qu’un innocent jeu d’enfant soit perverti pour se transformer en construction du Mal. » Le Jewish Museum de New York a acquis cette œuvre en 1997.
Sa dernière série de photographies, Positives, reprend ce principe de manipulation des images, de représentation décalée. L’artiste y travaille sur les photos de presse historiques passées dans la mémoire collective. Ces versions rénovées des photographies qui ont bouleversées le monde suscitent des réactions variées, de ceux qui les perçoivent comme un rappel du pouvoir d’images aujourd’hui entièrement consommées, à ceux qui y voient une rupture dans la surface lisse de l’Histoire «correctement» interprétée.
«J’ai toujours été fasciné par les média et par leur manière de traiter les sujets, explique t’il dans l’article de Courrier International qui lui a été consacré. C’est pourquoi j’ai voulu m’amuser, en tant qu’artiste, à utiliser leurs ficelles à des fins subversives. J’ai décidé d’être à la fois journaliste, photographe et rédacteur en chef, afin de pouvoir dire au public où est la vérité, de pouvoir donner ma propre vision des évènements politiques.»
Infos pratiques
> Lieu
Galerie Magda Danysz
19, rue Emile Durkheim. Paris 13e
Accès face à l’entrée de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, du côté est
M° Bibliothèque François Mitterrand
> Horaires
du mardi au vendredi de 11h à 19h, le samedi de 14h à 19h
> Contact
T. 01 45 83 38 51
magda@magda-gallery.com
www.magda-gallery.com
> Entrée libre
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