« Les escargots se traînent méchamment »
Galerie Luc Queyrel
L’événement
Communiqué de presse (par Jeanne Truong)
Escargot : gastéropode aimant particulièrement la lenteur. Par souci de l’accroître, s’est greffé une maison sur le dos. Colimaçon timide ayant la possibilité de rentrer dans sa coquille.
Se traîner : chercher en se promenant à se laisser entraîner ; à moins que ce ne soit très bêtement à trouver une paire de mariés.
Méchamment : carrément, sacrément, énormément comme le loup pour faire peur mais c‚est pour faire rire.
Fac – similé : deuxième production ou simulation d‚un dessin
Noter : noter que je vous aime tête de linotte !
Carnet : (suite) et si on passait à autre chose, si on restait. On a encore le temps.
Le carnet est le lieu où la pratique s’esquisse, s’essaie, s’exprime avec la liberté que le temps lui donne, sous forme de notes, longues ou succinctes, au gré de ses métamorphoses.
Il attrape au vol des états, des humeurs, des désirs avant que la pensée, les animant, ne meure dans le concept.
Rompant avec la vie mode d’emploi, le carnet, se constitue, jour après jour, de strates où point l’emploi d’un temps personnel dont les détours et les soubresauts en interdisent une lecture transparente.
Comme un goût de secret, le carnet invite à considérer le temps individuel comme une énigme dont les feuillets n’en seraient que des traces ; à l’image des carnets de De Vinci, sans lesquels, nous n’aurions pu découvrir la somme de ses activités ni l’intensité ni le caractère soutenu de ses recherches.
Des carnets d’ombres ne montrant que des aspects partiels d‚un emploi du temps complexe où se mêlent instant social et instant subjectif.
Le carnet étant le reposoir du temps intime de l’artiste avant la réification de son travail, j’ai conscience qu’il est paradoxal et profane de l’exposer comme une oeuvre ordinaire. Aussi me fallait-il mettre à distance cet objet précieux et permettre aux artistes d’en faire le deuil, en l’objectivant à travers la fabrication d’un fac-similé qui serait la trace du carnet, refondé de manière plus volontariste, un extrait transformé de ce qui s’est joué dans une demi-conscience. Ce fac-similé ne serait pas simplement une reproduction mais une véritable re-création. Ce faisant, j’espère distinguer le statut du carnet des autres productions, par souci de pudeur.
Infos pratiques
> Lieu
Galerie Luc Queyrel
34 rue Mazarine. Paris 6e
M° Odéon
> Horaires
du mardi au samedi de 14h à 19h
> Contact
T. 01 40 46 90 36
luc.queyrel.didit@wanadoo.fr
> Entrée libre
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