Miller Levy : «La dynamique des couleurs»
Galerie Lara Vincy
L’événement
Communiqué de presse
La galerie Lara Vincy présente une nouvelle exposition de Miller Levy : «La dynamique des couleurs», un ensemble de tirages photos montrant des constructions géométriques abstraites réalisées avec de simples élastiques de couleur.
Ces compositions ont été obtenues par tirage positif argentique en agrandissement direct. Les élastiques tendus en aplats ou disposés en courbes souples sur un support rigide sont agrandis jusqu’à dix fois. Ils forment des constructions géométriques qui ne sont pas sans rappeler certaines grandes figures comme Mondrian, Rietveld, Moholy Nagy, Domela…
S’il ne s’agit pas de peinture au sens traditionnel du terme, M. Levy estime en avoir travaillé plus que le vocabulaire et si la peinture n’est rien sans son « liant», ici le « liant» est tout. La préparation classique du support est évacuée au profit d’une préparation physique et mentale. En effet, il faut souligner le grand effort de concentration nécessaire pour maîtriser la qualité spécifique de l’élastique. Pincer un élastique entre le pouce et l’index, c’est retrouver naturellement la posture de certain rituel. C’est comme s’il s’agissait de l’inscription d’un corps, nécessitant l’ampleur du mouvement des bras, du poignet, de la main et des doigts. Ses couleurs peuvent être «tirées» comme une laque et former des bandes parfaites; elles peuvent être aussi «sèches» qu’un solide, prendre une fois déposées des formes aléatoires ou s’abandonner légères en tourbillons libres. Ensuite, la matière se travaille, minimale et troublante de distinction. Son étirement laisse apparaître, ici les «coups de brosse» d’un pinceau fantôme et ailleurs le lisse d’un muscle tendu. Les couleurs sont extrudées puis découpées en tranches à la taille voulue. Ces bracelets reprennent et matérialisent l’une des grandes questions de la peinture : comment et en quoi une peinture «tient»-elle ou ne «tient»-elle pas. C’est là un geste constructiviste. Grâce à lui, une œuvre plastique peut être testée avec des moyens réellement physiques. Il est en effet plus aisé de ressentir la vibration plastique d’une couleur quand elle se met à vibrer objectivement.
Procédant ainsi, les erreurs de composition sautent aux yeux au sens propre du terme dans un mouvement qui serait inverse de celui du pinceau déposant sa couleur. Opérant ainsi, surgit un nouvel ordre de la déconstruction de l’œuvre lorsque l’élastique casse brutalement; or c’est justement ce moment que saisit la vidéo à près de 1000 images/seconde. On peut alors entendre le sifflement de l’élastique en tension quand il lache et l’observer se détacher du support. Les célèbres «zips» de Barnett Newman résonnent alors comme un sifflement d’élastique.
Ce travail, initié en 2002, comprend donc des tirages photographiques, une vidéo montrant le moment précis où se casse l’élastique dont la vitesse atteint 400 km/heure et certains arrêts sur image de cette course vertigineuse. Puisque M. L. est un «artiste de variétés» ainsi qu’il le dit lui-même, on découvrira de plus dans cette exposition quelques agrandissements photographiques d’étranges personnages faits de papier et d’agrafes qu’il nomme les employés.
Infos pratiques
> Lieu
Galerie Lara Vincy
47, rue de Seine. Paris 6e
M° Mabillon
> Horaires
lundi de 14h30 à 19h; du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h30 à 19h
> Contact
T. 01 43 26 72 51
galerielaravincy@wanadoo.fr
www.lara-vincy.com
> Entrée libre
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