«Arpenteuses»
Galerie La Ferronnerie
L’événement
Communiqué de presse
À propos de la video-performance de Clémence Périgon, extrait d’un texte d’Emmanuel Hermange
La vidéo-performance …monte au ciel tombe du ciel… occupe une place particulière dans le travail de
Clémence Périgon. D’une part, elle met en scène la dernière apparition — à ce jour — de « l’infemme », d’autre part, elle inaugure une série d’actions élaborées à partir du comportement animal. Dans sa série de vidéo-performances intitulée Pose (2002), figure chaque fois un corps-personnage toujours muni de ses attributs théâtraux, immobile, la tête émergeant tout juste hors de l’eau dans une marre, ou bien accroché à un arbre, à un poteau électrique. Autant de parodies d’un mimétisme animal, celui dont sont dotés certains insectes ou certains reptiles qui se fondent dans leur environnement végétal ou minéral afin de se protéger de leurs prédateurs. Dans Sans titre (rangées de sapins) le mimétisme apparaît seulement dans les modalités de l’action de ce corps-personnage qui emprunte un mode de déplacement animal. Ce qui est en jeu dans ces derniers travaux, c’est l’implication du spectateur. Celui-ci se trouve en quelque sorte placé dans la situation d’un naturaliste, d’un éthologue dont l’objet demeure indéfini, ou plutôt, dont l’objet est l’indéfini même.
Et face à ce que j’appellerais un mimétisme désinvolte, le spectateur est conduit à hésiter sans cesse sur l’objet et le sujet mise en place par cette situation d’observation. Car bientôt, celui qui se fait naturaliste, guetteur des traversées, des déplacements intempestifs, découvre que le frémissement de la végétation, les frétillements des insectes, les micro-variations de la lumière ambiante se fondent, font corps avec le scintillement du dispositif vidéo. Dernière surprise d’une logique mimétique, la nature confondue avec la lumière vibratile d’une image technologique.
À propos des photos de Sanna Kannisto, extrait d’un texte de Harri Laakso
Dans les œuvres de Sanna Kannisto, la critique des limites et des absurdités de la méthode scientifique se double de l’acceptation sereine et réfléchie du fait que la photographie fait elle-même partie intégrante de l’histoire de la découverte des lois de l’optique. La conscience aiguë des contraintes de l’éclairage et du cadrage qu’elle manifeste donne au « bricolage » stratégique de cette série photographique la qualité d’un rêve d’unité nostalgique, voire romantique. Il ne s’agit pas, en fin de compte, d’une opposition à la pensée scientifique, ni même d’une critique négative : La curiosité de l’artiste (et du chercheur), loin d’être en contradiction avec la logique supposée de la science, découle du désir d’élaborer en marge de ses méthodes une autre scène, dévolue à un mode d’expression différent. Cette scène pourrait utiliser d’une manière sélective les outils scientifiques, mais son but est avant tout de créer une communauté privée pour la recherche visuelle.
Les photographies de Sanna Kannisto révèlent d’ailleurs parfois l’élasticité de l’exactitude mythique de la science, la capacité de métamorphose de ses instruments et de ses mécanismes. Dans Bee studies (Études sur les abeilles), un robot en Lego contrôle une expérience où une caméra vidéo enregistre les réactions des abeilles aux couleurs et aux parfums d’une fleur artificielle. Un jouet d’enfant est devenu l’instrument de recherches scientifiques sérieuses et la caméra, perchée sur son frêle trépied, remplace l’œil de l’observateur humain. Au fond – derrière un rideau, comme au théâtre – apparaît la nature.
Infos pratiques
> Lieu
Galerie La Ferronnerie
40, rue de la Folie-Méricourt. Paris 11e
M° Oberkampf
> Horaires
du mardi au vendredi, 14h-19h, samedi 13h-19h
> Contact
T. 01 48 06 50 84
> Entrée libre
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