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Galerie Iragui : One Lady’s Story d’Ira Waldron et Georgy Litichevsky

22 Sep - 22 Oct 2005
Vernissage le 22 Sep 2005

Une histoire racontée par une femme ou une histoire sur une femme racontée par un tiers ou par elle-même. Une exposition très visuelle qui inscrit la littérature russe comme toile de fond de la réflexion de deux artistes. Ira Waldron raconte ses histoires personnelles avec des images stéréotypées. Georgy Litichevsky conte, à travers peintures et bandes dessinées, l’histoire d’un poète célèbre.

Lieu
Galerie Iragui

Communiqué de presse
«One Lady’s Story» ou «Une histoire de femme», une histoire racontée par une femme ou une histoire sur une femme racontée par quelqu’un d’autre ou même peut-être par elle-même – c’est sur cette ambivalence que repose l’exposition de rentrée à la galerie Iragui. Une exposition très visuelle qui veut inscrire la littérature comme élément incontournable de la réflexion des artistes, avec pour toile de fond la littérature russe.

Le propos est illustré par deux figures emblématiques de la Russie contemporaine, Ira Waldron et Georgy Litichevsky qui partagent un héritage marqué par la culture livresque. Par goût personnel ou par influences culturelles — le peuple russe étant supposé le plus littéraire sinon le plus victimisé par la littérature — l’expérience littéraire est le ferment de leur créativité artistique. Cette imbrication entre art visuel et littérature s’inscrit dans l’héritage post-moderniste. Au siècle passé, leurs relations ont suscité de vives polémiques. Aussi serait-il erroné de circonscrire le travail de Ira Waldron et Georgy Litichevsky à de simples questions nationales ou personnelles. L’art moderne qui cherchait à se libérer de toute indépendance des lettres et luttait pour la forme pure et libre à partir de Duchamp, se moquait des ambitions avant-gardistes de la liberté du langage des formes et mettait les aspects idéologiques, conceptuels et communicatifs au dessus des «pures» valeurs plastiques. A la hardiesse des uns répondait la sagesse (ironique) des autres. La situation demeure complexe et peut toujours être décrite comme une antinomie. D’un coté, on peut suggérer que tout œuvre de l’art visuel ne soit au fond qu’une illustration d’un livre (ou du Livre, tel la Bible ou le Capital, ou de la Bibliothèque universelle etc.). D’un autre coté, la littérature est à l’imitation de l’art visuel, puisque chaque récit ou message, cherche à être compréhensible ou signifiant, donc visible.
Une autre antinomie, qu’on peut comparer à celle de l’art et de la littérature est l’antinomie des femmes et des hommes. 1. Des femmes et des hommes sont évidemment (par la nature) des êtres différents ; 2. Des femmes et des hommes, en tant qu’êtres humains, donc non seulement êtres physiques, mais “animaux sociaux” sont totalement égaux et la différence de leurs fonctions n’est pas la différence de base, mais une pure différence situationniste.

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Le projet des deux artistes est un exemple de la résolution situationniste de deux antinomies.
Ira Waldron donne une version féminine ou (post)féministe de la situation. Dans ses travaux, où elle représente tout un pan de La Bibliothèque universelle à travers sa collection des « légumes », l’artiste prend le rôle stéréotype d’une femme dont la naï;veté mènera à l’absurde. Dans d’autres travaux, elle raconte ses histoires personnelles avec des images stéréotypées.
Georgy Litichevsky, connu pour ses peintures et ses bandes dessinées, nous conte, quant à lui, une histoire sur l’histoire de la littérature où le poète célèbre Serge Essenine développe ses relations avec Isadora Duncan et une « persane » Chagané. Toutes les deux sont danseuses. Dans cette histoire onirique les protagonistes permutent leurs rôles. La littérature se métamorphose en danse d’images. On touche là à la « vraie » source de la littérature, créée par une Shéhérazade ; la littérature étant une invention de femmes « volée » par les hommes.

Les artistes
Ira Waldron
Née à Leningrad. Elle s’installe en France avant de terminer ses études d’art. Elle participe à la première one woman show de la Stephen Bartley Gallery à Londres en 1985 puis à de nombreuses expositions de groupe à Paris et à Londres. Depuis 1992, elle organise les one woman shows à Moscou. En 1997, elle montre le projet « Hygiène Sociale » à l’exposition Mitki-VKHUTEMAS.
Elle célèbre le bicentenaire d’Alexandre Pouchkine (1999) avec deux shows : « Fuck you, d’Anthès » à la galerie moscovite de Marat Guelman et « Démon, je m’ennuie » au Musée Russe de Saint-Pétersbourg. Ira Waldron vit et travaille à Moscou et à Paris.

«L’art d’Ira Waldron montre la voie médiane de la chose, dans laquelle la chose passe par les mains de l’artiste en s’ouvrant par ses contacts significatifs nombreux avec le destin humain. Ici la chose perd son contenu froid, mais ne sombre pas dans l’oubli. C’est ce côté tangible, et non pas la séparation, la position extérieure par rapport à l’homme, qui occupe la place essentielle dans le monde des objets de l’artiste. Sa tâche est de faire co-exister la signification personnelle et la présence de l’être de la chose, montrer leur implication mutuelle, désenchanter la chose et la libérer de la séparation et de l’oubli.»
Vitali Patsyukov

Georgy Litichevsky
Né en 1956 à Dniepropetrovsk. S’installe à Moscou en 1974. Il s’introduit dans le milieu des jeunes artistes de gauche de l’Union d’Artistes de Moscou qui s’affilient à une tendance internationale contemporaine et rêvent de rupture avec l’art soviétique. Puis, il intègre le cercle des avant-gardistes « souterrains » où il acquiert un véritable savoir-faire. Il y étudie en particulier la pratique créative de la New Wave. Depuis 1993, Georgy Litichevsky collabore à la revue « Khoudozhestvennyï; Zhournal » dirigée par Viktor Misiano, où sont publiées ses bandes dessinées et réflexions sur l’art contemporain. Depuis 1998 il vit en Allemagne, mais expose régulièrement à Moscou.

«Georgy Litichevsky est le représentant typique du mouvement artistique et social New Wave qui s’est posé comme objectif de réactiver les langages informels de la communication. Litichevsky transpose ces formes langagières simples de la rue, de la culture populaire, sur des toiles et panneaux, admirant pas tant leur finesse que leur vivacité, leur adéquation au moment vécu et leur originalité. Ses recherches parlent de la société contemporaine et s’adressent à elle. Dans son art, il n’y a pas l’ombre d’un mépris pour les goûts de masse, il ne prend pas un ton de mentor et ne cherche pas les faveurs de la foule. Son travail est rempli de la joie qu’éprouve l’homme qui a appris à parler le même langage que ses contemporains, celui qui partage les mêmes intérêts, les mêmes peurs et les mêmes rêves. Tout en étant avant-gardiste, Litichevsky n’est ni rebelle ni révolutionnaire. Au contraire, il occupe une position de collaborateur, on peut presque dire de conformiste, mais non pas envers ceux qui détiennent le pouvoir ou l’argent, mais uniquement envers l’homme simple, l’homme de la rue. Il essaie de lui donner confiance en révélant la qualité de son expression, même si celle-ci se réalise dans des formes bâtardes, non conventionnelles et se trouve être plus imprégnée du langage de la maison que du discours officiel».
Andreï; Yerofeyev 2003

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Infos pratiques
> Lieu
Galerie Iragui
103, rue du Temple. Paris 3e
M° Rambuteau
> Horaires
de 14 à 19 h les 23, 24, 25 septembre
Uniquement sur rendez-vous du 26 septembre au 22 octobre
> Contact
T. 01 47 07 69 24
contact@iragui.com
www.iragui.com
> Entrée libre

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