Pavel Pepperstein : «Dreams, Music and Money»
Galerie Iragui
L’événement
Communiqué de presse
La galerie Iragui est heureuse de présenter une nouvelle exposition personnelle de l’artiste Russe Pavel Pepperstein, intitulée Dreams, Music and Money au Centre du Diamant, un espace insolite pour montrer l’art.
Après avoir rêvé dans la collection du Kunsthaus de Zug en Suisse (Traum und Museum, exposition en 2002), l’artiste continue à explorer ses songes à travers les symboles de l’argent et de la musique, représentés par un show-room de diamants situé au cœur du quartier de l’Opéra à Paris.
Pepperstein, né en 1966 à Moscou, est un des artistes et auteurs russes les plus connus sur la scène internationale parmi la jeune génération. Il représente un lien important entre les anciens expatriés du Conceptualisme moscovite et les jeunes artistes de son pays natal. «Pasha l’Observateur —comme Ilya Kabakov l’appelle— avait la meilleure place : observer et comprendre selon une autre échelle spatiale et temporelle. C’est la position de l’ange. Il pouvait voir le monde non seulement de notre point de vue mais également de celui des autres et ce, avec une vision plus large ainsi qu’une plus grande profondeur. C’est pour cela que Pasha gardait le silence : il ne pouvait exprimer ses observations dans notre propre langage. Dans ces années-là, les frontières du pays étaient fermées. Rien ne se passait à l’intérieur et Pasha, calmement assis sur une chaise à côté de son père, conservait sa place d’observateur. Tout d’un coup, les fenêtres s’ouvrirent et Pasha s’envola de nos chambres remplies de vieux papiers, de drôles de tableaux et de crayons de couleur. Sa place d’Observateur fut préservée, mais il y eut quelque chose d’autres. Beaucoup de textes et de dessins, liés à ses analyses antérieures, revinrent à la surface. C’est fascinant de voir les dessins de l’ange. »
Au début des années 90, l’Empire soviétique venait juste de s’effondrer. Cela conduisit Pepperstein et d’autres artistes à créer ce qu’ils appelèrent l’« Herméneutique Médical ». Se baptisant « Inspecteur », Pavel Pepperstein, Yuri Leidermann et Sergei Anufriev proclamèrent leur idée d’une « exploration totale ». Ils identifièrent l’Union Soviétique à une construction sémiotique qu’ils approchèrent en utilisant la linguistique, la théorie culturelle et la psychanalyse, guidés par l’aspiration russe à vouloir tout connaître et tout décrire —une aspiration marquée en même temps par la prise de conscience que toute activité n’a finalement aucun sens.
Hormis les films et une bonne dose de poésie, Pepperstein et ses collègues produisirent principalement des dessins « d’enfants », naturalistes et hautement fantaisistes qui sont difficiles à réconcilier avec leurs revendications somme toute radicales et « dadaï;stes ». Une des raisons pour lesquelles ce groupe fut entouré d’un mythe tint sans doute dans le fait que, précisément, ce groupe était ancré dans l’univers des livres d’enfants. L’avant-garde de la génération précédente avait gagné sa vie dans le graphisme ou l’illustration de livres. Ainsi, le père de Pepperstein, Viktor Pivovarov, se servait des images de ses albums pour développer une forme de récit à la fois lyrique et visuelle. Aujourd’hui, Pepperstein lui-même utilise également une combinaison imaginative de dessins et de jeux de mots, de théorie et de fables extrapolées. Boris Groys (professeur de philosophie au Staaliche Hochschule für Gestaltung à Karlsruhe en Allemagne) décrit ainsi son approche comme celle d’une « conversation familiale théorique », comme quelque chose qui vient de nulle part et qui se désintègre aussitôt.
Pepperstein peint directement sur les murs, généralement sans faire de croquis préparatoire, créant ainsi des images très virtuoses. Ces peintures murales ne survivent que le temps d’une exposition puisque celles-ci s’enchaînent et les murs doivent être repeints. C’est ainsi que, pour pallier cette règle, le Kunsthaus de Zug, où Pepperstein a travaillé entre 1998 et 2002, et son directeur ont choisi, dans le cadre de l’expansion de la collection du musée, de commander à l’artiste des œuvres permanentes in situ dans une école maternelle locale, une banque (le Crédit Suisse) et la prison de la ville nouvellement sortie de terre.
Alors, nous avons toutes les raisons de rêver que les symboles de l’argent et de la musique resteront cachés dans le quartier de l’Opéra, un peu comme dans un conte de fées.
En même temps, la galerie présentera dans ses murs, rue du Temple, une sélection d’œuvres retraçant les années de collaboration entre l’artiste et le Kunsthaus Zug en Suisse, sous le nom de « Pavel Pepperstein and Guests». De 1998 à 2002, Pepperstein a invité différents artistes pour travailler ensemble: l’ «Herméneutique Médicale» (1998), Viktor Pivovarov (1999), Russia et Viktor Mazin (2000) ainsi que Boris Groys et Ilya Kabakov (2001). Hatje Cantz vient de publier un catalogue de ces expositions qui ont transformé Zug en un lieu de rencontre pour les artistes russes. Éditée par Matthias Haldemann, la monographie sort à Paris à cette occasion et sera dédicacée par l’artiste le mercredi 24 novembre de 18 à 20 heures à la galerie.
Commissaire
Romain Larivière
Infos pratiques
> Lieux
> Centre du Diamant
18-20, rue de la Paix. Paris 2e.
M° Opéra
> Horaires
du lundi au vendredi de 11 à 19 heures.
> Galerie Iragui
103, rue du Temple. Paris 3e
M° Rambuteau
> Horaires
uniquement sur rendez-vous
> Contact
T. 01 47 07 69 24
www.iragui.com
> Entrée libre
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