«Bleu-blanc-rouge»
Galerie France fiction
L’événement
Communiqué de presse (par Stéphane Argillet)
En réponse à l’invitation de la galerie FRANCE FICTION, Raphaële Bidault-Waddington choisit d’activer son « laboratoire textile », La Raffinerie Poétique ®, autour des multiples symboliques du drapeau.
Cette nouvelle collection rassemblera des tableaux de tissus bleu-blanc-rouge dans une mise en scène globale. C’est un pavoisement de motifs et de sens qui habillera l’ensemble de la galerie.
Bleu-blanc-rouge, qui se présente comme une «création textile de la Raffinerie Poétique» , est une installation in-situ conçue spécialement par RBW pour l’espace de la galerie France Fiction. Il s’agit d’un environnement (murs habillés par des compositions de tissus) mêlé à un accrochage de tableaux textiles qui, tout en constituant les pièces d’une «sculpture environnementale» ont aussi le statut de pièces autonomes.
Le thème de cette pièce est contenu à la fois dans le titre de l’exposition et dans le choix de la matière.Le tissu renvoie non seulement à l’objet drapeau, mais aussi, de manière fantasmatique et comme l’étymologie du mot drapeau l’indique, au «drap», c’est-à-dire au vêtement : celui dont ce vêt symboliquement la République, la Nation mais aussi la Révolution. C’est dans le décryptage de ces différents niveaux de lecture que se dénouent les enjeux de cette proposition.
La surexploitation sociale, politique et symbolique de ces trois couleurs prouve à quel point la pensée politique a besoin de vecteurs plastiques pour imposer son langage et ordonner sa rhétorique.
Plus que tout autre drapeau national (et au point certainement d’en être devenu le prototype historique) le drapeau français porte en lui la tension de significations multiples et contradictoires :
– drapeau-programme, représentation de la première révolution politique à prétention universelle (les couleurs deviennent slogan, renvoyant à la devise émancipatrice Liberté-Egalité- Fraternité),
– drapeau-identité, réappropriation collective et démocratique de l’antique héraldique (le blanc des Bourbons et les armoiries de la ville de Paris) au profit de la première nation au sens moderne du terme, avec toute les implications politiques, identitaires et émotives que cet événement implique.
L’absence de pensée et de débat politiques contemporains qui permettrait de réactualiser son programme émancipateur, réduit le drapeau à sa dimension identitaire aujourd’hui kidnappée par l’extrême droite, ou à un logo sans message véhiculé par le sport et la publicité.
Par un traitement artistique audacieux où la saturation visuelle permet d’écraser tout présupposé, l’installation de RBW tente de réactiver librement ce débat.
La Raffinerie Poétique ®
La Raffinerie Poétique ® est un des maillons du complexe organigramme de structures de travail mis en place par l’artiste pour organiser ses nombreux projets, pensés comme les activités d’une entreprise fictive aux multiples ramifications (la société holding GOODWILL®). Déraisonnable arborescence de mots-valises à triple fond, fascinante combinatoire de concepts et d’expressions tirées du monde de l’entreprise et de la finance, de l’esthétique et d’une inspiration poétique très personnelle, la présentation d’un projet artistique de RBW se révèle au premier abord aussi sexy qu’une chronique d’information boursière ou qu’un cours de sociologie des organisations. Le journaliste le plus consciencieux en serait rapidement découragé.
Mais c’est justement dans ce déploiement de langages et de procédures que le travail de cette artiste au parcours atypique séduit comme une langue secrète dont la rugosité d’accent et la richesse de tonalités finirait par charmer. Déroutant, inclassable, effroyablement ambitieux et redoutablement énergique, le travail de cette ancienne analyste financière, devenue journaliste radio avant de se lancer dans l’aventure de la création artistique inspire tout à la fois l’effroi et l’émerveillement.
«Laboratoires d’Ingénierie d’Idées», «plateforme d’orchestration de laboratoires de création» et autres «prestations d’intelligence esthétique» se déploient dans des cadres aussi divers qu’un concours d’idées lancé par le gouvernement danois pour le réaménagement d’un quartier expérimental de Copenhague (Christiania), la boutique-atelier de jeunes créateurs de mode parisien (Surface to Air), une exposition collective au Centre d’art contemporain de Meymac (sur le thème « art et entreprise ») ou un festival de musique électronique en plein air au parc de la Villette. Mode, design, urbanisme, marketing, politique… la vocation de ce travail est puissamment englobante.
Les installations de l’artiste sont toujours ambitieuses et font l’objet d’une véritable qualité de mise en œuvre. Car les dispositifs de langage qui accompagnent les propositions de RBW sont loin d’être un rideau de fumée destiné à masquer la maigreur du propos ou la faiblesse de la réalisation plastique. Elles sont des tentatives de synthèse à la frontière du concept et de la poésie et font, à ce titre, partie intégrante de l’objet ou de la proposition qu’elles accompagnent. Elles structurent un questionnement exigeant et un univers plastique délicat en vue de créer un espace de «réflexion sensible».
Infos pratiques
> Lieu
Galerie France fiction
6 bis, rue du Forez. Paris 3e
M° Filles-du-calvaire
> Horaires
du mardi au samedi de 12h à 19h
> Contact
T. 06 77 12 53 75
france.fiction@laposte.net
www.france.fiction.free.fr
> Entrée libre
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