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Galerie d’Est et d’Ouest : Claire Degans

24 Sep - 12 Oct 2004

Peintures et gravures proches de l’abstraction, aux couleurs évanescentes, à la matière parfois translucide, parfois épaisse et aux lignes violentes. Une nature qui devient paysage bucolique sous le regard de l’artiste. Entre douceur et puissance.

Claire Degans
Galerie d’Est et d’Ouest

L’événement
Communiqué de presse

«Auprès de votre visage, même le portait par Franz Hals, même celui par Rembrandt ne sont que des images drôles».
Alberto Giacometti

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Comme ses gravures, ses dessins, son écriture, la peinture de Claire Degans n’est jamais péremptoire. Demandez-lui de vous écrire un mot, un simple mot, un bout de phrase sur le temps qu’il fait ou le temps qui va. Si vous avez appris à lire, vous y renaîtrez à l’émotion et à l’évidence éprouvées devant toiles ou illustrations, comme si la rareté d’un regard singulier ne pouvait être enclose, limitée dans une seule forme d’expression. En un sens, on pourrait même dire que chaque toile fait l’objet d’un patient travail élocutoire, d’une rumination, d’une écriture, d’un souffle ; chaque tableau ou dessin paraît articulé puis désarticulé, marmonné, maugréé, vocalisé, parlé, soufflé sans jamais être un discours définitif. Il semble alors que l’unité de ce style tienne davantage d’un pli particulier dans la manière de vivre et de désirer, dans la manière de dire ce désir et ce choix de vie, que d’une soumission à une école ou chapelle graphiques quelconques.
Claire Degans, à l’occasion, l’air de rien mais l’air profondément présent, nous rappelle ainsi que le mot «manière» tire son origine du mot «main», celle du peintre, celle du médecin, celle de l’aîné ou de l’enfant, qui vous délie du souci et vous couve de sa bienfaisante chaleur en se posant contre votre front. C’est une peinture heureuse, il me semble. Sans roulement de tambour ni volonté d’en découdre. Le désir cardinal, l’élaboration lente, l’acheminement vers la beauté fragile des choses, l’œuvre enfin mise à jour — et le monde, ce monde, avec elle. Ici, Essaouira, Gênes ou — peut-être — les Cévennes. Là, un cyprès qui s’élance, qui hésite et n’hésite plus, qui bifurque, qui s’avance d’un seul trait, sûr, probant, qui semble revenir sur lui-même et comme rentrer dans la couleur. Plus loin, quelque persienne, le tumulte et la profondeur d’ombre sous la surface vivante et souveraine : l’ombre se creuse et se nuance d’abord par nappes ou élans, elle progresse ensuite par cassures, retouches, saillies et reculs. Nous faisons le premier pas dans un monde jusque là intouché, inexploré.
La peinture, entrebâillant les yeux de ces réalités qui nous voient et que nous ne voyons plus, nous happerait-elle ? Rien ne nous étonne plus alors, sinon l’innocence que le regard de la peintre a su redonner aux choses : c’est bien Essaouira, c’est bien un échassier, un ogre, une persienne ou une chèvre, c’est l’idée que l’on peut s’en faire quand à la tombée du jour l’essentiel est à nouveau en jeu. Sans doute estce aussi l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Comme si Claire, allant à l’essentiel, avait plus à dire et à peindre que nos yeux à voir.
Hervé Nicolle

Un homme et un chien pelé se tiennent sur un sentier qui surplombe la vallée. Chien et homme semblent partager la même lassitude et quand l’un se gratte, l’autre gémit doucement. Entre deux reniflements ils reprennent leur vieux colloque : Le ciel est ocre et avale les maisons, dit le chien. Non, c’est la terre qui absorbe le ciel, répond l’homme. L’un et l’autre chicanent si bien qu’ils restent en ce même point du sentier et qu’une fois de plus, ils n’atteindront pas la ville et s’endormiront. Et Claire Degans peindra leurs rêves.
Yann Schwartz

La peinture de Claire Degans, au bord de l’abstraction nous transporte dans des paysages fluides et colorés. Une palette dans les ocres rouges juxtaposés à des bleus lumineux et des verts tendres n’est pas sans rappeler le midi et ses subtiles nuances. Un monde où les étangs, les ombres qui s’allongent, les cabanes solitaires, la vibration de l’air chaud invite à la paresse ou au recueillement.
Galerie l’Étang d’Art, Bages

Au travers de ses peintures et de ses gravures, Claire Degans nous ouvre aux paysages de ses rêves. Empreintes de souvenirs, constructions imaginaires, lumières évanescentes se mêlent pour donner naissance à un monde personnel fait d’espaces vierges, d’eaux tranquilles, de cabanes perdues dans les marais ou de personnages solitaires. C’est une peinture contemplative. Ce travail trouve toute sa richesse dans la confrontation entre une recherche formelle et descriptive à la manière un peu nostalgique d’un Daubigny et un univers extêmement poétique, presque romantique qui nous rappelle les paysages d’Allston. L’évocation de formes et de symboles toujours proches de nous, nous évoque ainsi, par bribes, des lieux déjà vus, presque familiers, parfois aimés, toujours paisibles. La composition, le jeu des matières et des couleurs suggèrent des itinéraires de rêverie sans jamais en imposer et laissent ainsi le champ libre au regard du spectateur qui peut plonger à sa guise dans le tableau en y apportant sa propre histoire et sa résonance personnelle.
Grégoire de Gaulle

La galerie d’est et d’ouest
Créé à l’initiative de Grégoire de Gaulle, cet espace d’exposition se veut surtout un lieu d’échanges et de rencontres entre artistes et amateurs d’art. Artiste et lui-même collectionneur, il a souhaité faire partager ses passions et communiquer cette envie de posséder une œuvre, de vivre avec elle. Ici, on laisse parler les œuvres, plutôt que de parler d’elles, et ainsi on peut se laisser simplement toucher, émouvoir et avoir envie de prolonger ce dialogue. Le principe des expositions est basé sur le dialogue entre et avec les artistes, peintres, graveurs ou photographes.
Les expositions sont de courte durée et donc plus dynamiques, orientées souvent autour d’un thème ou animées par une confrontation entre plusieurs artistes. Le lieu est aussi mis à disposition, sur réservation, pour des expositions privées afin que tout amateur puisse convier ses amis à partager sa passion ou simplement à prendre l’apéritif dans le cadre d’une exposition artistique, en présence de l’artiste.
«Je suis convaincu que la possession d’une œuvre n’est pas une situation banale, expression de la volonté, par exemple, de constituer un patrimoine, mais bien une aventure culturelle, le choix délibéré, consenti, souvent négocié, de vivre avec une œuvre, c’est-à-dire d’entretenir avec elle une relation qui transcende les mécanismes de la relation ordinaire avec les choses pour atteindre la zone délicieuse de notre entendement où se mélangent l’émotion, la passion, l’enthousiasme et de ce fait, l’inépuisable gratuité de ce qui est essentiel.»
Jean-Jacques Aillagon

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Infos pratiques
> Lieu
Galerie d’est et d’ouest
94, rue de l’Ouest. Paris 14e
M° Pernety
> Horaires
du mardi au samedi de 14h30 à 18h30
> Contact
T. 01 40 44 43 00
gregoire.de-gaulle@studiogdg.com
> Entrée libre

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