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Galerie de Multiples: Laissez parler les fleurs

05 Mar - 16 Avr 2005
Vernissage le 04 Mar 2005

Éditions d’artistes réalisées à l’aide de plantes vivantes. Le végétal est destiné à se transformer, à évoluer avec le temps. Les artistes le marient avec d’autres matériaux ou objets, créant des sculptures ou des installations. Le processus organique à l’origine du renouvellement continuelle de l’œuvre.

«Laissez parler les fleurs»
Galerie de Multiples

L’événement
Communiqué de presse

L’exposition «Laßt Blumen sprechen» réunit des éditions d’artistes réalisées à l’aide de plantes vivantes. Le végétal au sens large (fleurs, plantes vertes, mousse et cactacées) devient le matériau commun à toutes les œuvres, souvent conçues spécialement pour l’occasion. Plus qu’un sujet ou un médium de prédilection pour les artistes, la plante est plutôt ici envisagée comme un composant d’œuvres destinées à se transformer, à évoluer avec le temps, le processus organique renouvelant l’objet continuellement. Le titre de l’exposition, tiré d’un dessin de Joseph Beuys représentant des violettes, rend en quelque sorte hommage à celui qui avait l’habitude d’utiliser dès les années 70 des matériaux instables, aux phases réversibles, révélateurs d’une vérité originelle non maîtrisable.

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La plante est aujourd’hui une des sphères du vivant que l’on connaît le moins. Banale, omniprésente dans notre environnement, elle reste pourtant impénétrable, son développement apparaît imprévisible et inexplicable dans un monde où nous semblons tout contrôler. Elle constitue, de ce point de vue, une source illimitée en terme d’expérimentation plastique.

Les artistes choisis, ayant des préoccupations formelles diverses, ont pour point commun un travail de sculpture, en prise directe avec la matière. Dans tous les cas, ils se sont approprié le matériau végétal, qui leur est plus ou moins familier, afin de l’utiliser et de l’expérimenter dans des recherches formelles qui leur sont propres. Procédant le plus souvent à des associations, les artistes marient le végétal avec d’autres matériaux ou objets, créant des sculptures ou des installations. Si, par de simples ajouts, Edit Oderbolz et Bojan Sarcevic donnent à la plante une attitude anthropomorphique, les cactus «constellés» de Michel François relèvent davantage de l’univers poétique; tandis que l’intervention de François Curlet sur une feuille de figuier de Barbarie fait basculer le végétal dans le domaine du burlesque. Gyan Panchal expérimente quant à lui la plante dans sa forme la plus primaire, la mousse, établissant des parallèles avec son équivalent synthétique. Miriam Böhm et Guillaume Leblon ont créé tous deux des contenants originaux pour les plantes: ici un vase, là un sac, rappelant leur usage domestique tout en les détournant d’un certain quotidien. Enfin, Marie Denis et Elisabeth Westerlund ont pris la plante comme matériau de sculpture à part entière, tressant, manipulant, révélant par de multiples actions les particularités physiques de la plante.

Pendant plus d’un mois, l’espace de galerie est ainsi investi de «multiples vivants» de dimensions diverses, de l’infime au palmier: Cicuala, Monstera, Washintonia et autres Aucuba Japonica occupent murs, sol, plafond, étagères, s’immisçant dans les bureaux, les hautes vitrines fonctionnant comme une serre accueillant un jardin d’hiver.

Si chaque exemplaire d’une même édition est réalisé de la même façon, utilisant le même type de plante, chaque sculpture développe «sa propre vie», évoluant de manière différente selon la plante qui est en elle et les soins qui lui sont portés. Ce processus de transformation a pour effet de rendre chaque exemplaire unique, détournant le principe même du multiple. Travailler avec les données fluctuantes du vivant, c’est ainsi œuvrer avec le hasard et les incertitudes de la dimension temporelle, jouer avec la sensibilité des fruits de la nature. Dans «Laßt Blumen sprechen», l’artiste qui fait parler les fleurs est tel un jardinier : il ne maîtrise pas les formes dans le temps mais fait durer l’enchantement(1).
(1) Gilles Clément, La sagesse du jardinier, L’œil neuf éditions, Paris, 2004.

Artistes
Miriam Böhm, François Curlet, Marie Denis, Michel François, Guillaume Leblon, Edit Oderbolz, Gyan Panchal, Bojan Sarcevic, Elisabeth Westerlund

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Commissaire
Aurélie Voltz

Infos pratiques
> Lieu
Galerie de Multiples
48, rue de Montmorency. Paris 3e
M°Arts-et-Métiers
> Horaires
du mardi au samedi de 14h à 19h
> Contact
T. 01 48 87 21 77
galeriedemultiples@wanadoo.fr
> Entrée libre

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