Heli Hiltunen
Galerie Birthe Laursen
L’événement
Communiqué de presse
L’œuvre de l’artiste finlandaise Heli Hiltunen, présente une dimension singulière du questionnement de la manière dont la photographie raconte et se raconte. D’une part par sa manière très particulière de proposer une interrogation critique des conditions de la perception, dans son intégration complète et complexe d’images photographiques et d’images peintes; d’autre part par son travail sur la représentation de la mémoire, où l’histoire intime devient prétexte à un témoignage de l’histoire collective d’un temps donné.
Heli Hiltunen, née en Finlande en 1960, interroge la spécificité de la représentation et de l’image par son utilisation très particulière de la photographie et ses spécificités, qu’elle met en relation directe avec la représentation produite par l’image peinte. Essentiellement photographe, la majeure partie de son œuvre interroge les possibilités et surtout les limites de documentation de la mémoire. Ses œuvres, pour la plupart constituées de séries d’une multitude d’éléments combinant la photographie a l’image peinte d’après photos, nous racontent des histoires intimes de souvenirs d’émotions et de sensations que révèlent ses titres souvent très évocatrices : Untitled – a Melody I Recognized From Someone Humming (Sans titre – une mélodie reconnue en entrapercevant quelqu’un chantonner) de 2000 ou As if It Had Anything to do With Lust (Comme s’il y aurait une quelconque relation au désir) de 1998-99, ou A Short Film About Flesh Tint (Un film court sur la teinte de la peau) de 1998 ou encore Compulsive Répétition (Répétition compulsive) de 1994.
En référence a un modèle pictural, Heli Hiltunen questionne la nature même de l’image. Ses séries sont des expériences de la représentation et deviennent des instruments de fiction, des tentations de récits intimes où l’histoire de l’humain au sens large se retrouve transcrite en des histoires d’émotions individuelles mais toujours universelles. Perceptible quand elle questionne des thèmes comme l’amour dans sa série The Great Love Exhibition – Unfinished (La grande exposition de l’amour – inachevée) de 1996-97, ou The Landscape of Annother – One-way Ticket, Please (Le paysage d’un autre, aller-simple, svp.) de 2000, et la nostalgie dans sa série « Un Attempt at a Biography, or, The Story of How She (Slowly) Learned the Names of Things » (Une tentative de biographie, ou, l’histoire de comment elle apprît (lentement) les noms des choses) de 1991-93.
En citant la préface du catalogue «Personal Songbook» accompagnant son Prix Ars Fennica de 2001 :
«Heli Hiltunen se sert de la photographie pour apporter un aspect de réalité documenté à la mémoire, souligné par sa mise en relation avec l’image peinte et son aspect plus évocateur et révélateur d’émotions, de pensées ou de rêves […]. Dans les séries de Heli Hiltunen se croisent différents niveaux d’images, oscillant entre art et documentation, entre passé et présent, entre réalité et mémoire en autant de tentatives de visualiser que de documenter. Elles laissent la porte ouverte aux multiples interprétations, à toutes sortes de réflexions et d’évocations, à l’imaginaire.»
Riikka Stewen écrit dans un essai dans ce même catalogue :
«Pour l’artiste, la photographie, tout comme la peinture, est un art de la mémoire parallèlement à une approche documentaire, le but théorique de la photographie étant de témoigner, celui de la peinture de visualiser. Dans l’œuvre de Heli Hiltunen, l’image peinte révèle de l’interface entre la présence et le souvenir, la photographie introduit un élément d’ostentatoire objectivité […] Une photographie est une pièce à témoin, comme l’a souligné Walter Benjamin, et tout témoignage inévitablement lié au passé : «Voici comment étaient les choses, mais ne le sont plus» est le théorème de toute photographie, ceux d’Heli Hiltunen sont des documents d’une histoire personnelle et familiale, une manière d’interroger le fonctionnement de la mémoire, mais aussi un dispositif narratif. […] Ses œuvres ne révèlent pas tant ce qui s’est réellement passé, mais le fait que quelque chose s’est passé et continue à se passer dans la mémoire de quelqu’un. Son travail sériel se pose en écho au processus de la mémoire, dans lequel la seule «vraie» réalité est celui de la réalité des émotions variées que ces souvenirs évoquent.
Merja Laukia de l’Institut Finlandais á Paris à écrit sur elle lors de sa première exposition personnelle à Paris :
«Les œuvres de Heli Hiltunen (née en 1960) naviguent entre les différents mondes de l’image, entre la peinture et la photographie, entre le présent et le passé, entre la réalité et les souvenirs. Elle utilise de manière simultanée et complémentaire la peinture et la photographie. Souvent, elle propose une série d’éléments de petites dimensions qui déclinent le même sujet avec des techniques différentes.»
Les photographies montrent la réalité telle qu’elle apparaît lors de la prise de vue avec une volonté d’objectivité, et les peintures, plus empreintes de la subjectivité de l’artiste et de l’imagerie populaire, nous rappellent que chaque vision est une illusion. Les différences dans les supports renforcent le contraste : d’un côté la surface lisse des photographies et de l’autre les traces de la main de l’artiste.
Les propres souvenirs de Heli Hiltunen sont le point de départ de ses oeuvres. Or la mémoire ne se constitue pas à partir d’une image isolée mais d’un flux continu d’images. On comprend alors pourquoi elle travaille sur des séries. Ainsi constituée de plusieurs pièces, la logique interne de chaque œuvre est proche de la cinématographie. Chaque image prend son sens à partir de celles qui l’entourent, en fonction d’un avant et d’un après.»
Heli Hiltunen
Heli Hiltunen est une artiste reconnue et collectionnée par les institutions et musées Finlandaises et Scandinaves, elle a reçu l’important prix artistique Ars Fennica en 2001.
Infos pratiques
> Lieu
Galerie Birthe Laursen
56-58 rue Vieille du Temple. Paris 3e.
M° St Paul
> Horaires
du mardi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous
> Contact
T. 01 44 54 04 07
> Entrée libre
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