Anders Moseholm : «And When She Looked Into The Room»
Galerie Birthe Laursen
L’événement
Communiqué de presse
Avec sa peinture, Anders Moseholm cherche à élargir l’expérience et la sensation produites par les motifs photographiques dont sont tirées ses compositions, ainsi qu’à exploiter les effets de vérité induit par ce medium. Les motifs récurrents chez l’artiste nous parlent tous de notre identité et de ce qui l’a forgée, de nos références de notre culture. Qu’il s’agisse de paysages urbains, d’icônes populaires, de cinéma ou autres thèmes issus la mémoire collective.
Ici, son exposition «And When She Looked Into The Room» s’articule autour de grands espaces intérieurs plus ou moins identifiales et vides de toute présence humaine: Musées, Palais de Justice, Parlements, Salons d’Apparat, échantillons de métropoles européennes dans leur état du début siècle dernier. Ces images d’intérieurs, avec leur aspect quasi documentaire, de lieux de représentation et du pouvoir, traduisent une image spécifique et individuelle d’une réalité mais aussi l’image générale d’un état d’esprit à un endroit et à un temps donné.
Anders Moseholm dit sur la thématique de l’exposition :
«Dans une armoire, je suis tombé sur un vieux livre poussiéreux datant du début du siècle dernier – donc d’avant la première guerre mondiale. Ce livre était rempli de photographies de grands espaces intérieurs vides de toute présence humaine : Musées, Palais de Justice, Parlements, Salons d’Apparat, et ne contenait aucun texte autre que la sèche dénomination des lieux, échantillons de métropoles européennes. Ces images d’intérieurs, avec leur aspect quasi documentaire, de lieux de représentation du pouvoir et d’une vision figée du bon et du mauvais, m’ont amené à former une série de commentaires.
J’ai cherché à créer une réaction à l’immobilité et à l’équilibre de ces images du passé, qui reflètent toutes une vision emblématique d’un certain absolu.
Le pluralisme et l’instabilité que je perçois du monde moderne en constituent une réponse possible. J’ai cherché à défier ces espaces, d’une part en y intégrant une ambiance très filmique, un peu à la Hitchcock, d’autre part en y juxtaposant des visages de passants dans une vision de réflexions, créant comme une vitrine ouverte sur la pulsation de la métropole contemporaine.
Peut-être que ces représentations viennent nous rappeler que l’image et la vision que nous avons d’une période donnée sont instables et en perpétuelle mutation. Quelle est la part que nous retiendrons et celle que nous oublierons ? Dans certains tableaux, des fragments de texte viennent s’intégrer ou se juxtaposer aux images. Des textes, qui physiquement autant que par leur sens installent un autre espace dans l’espace. Ils apparaissent cryptés ou alors ordonnés en perspective, comme s’ils cherchaient à souligner un des multiples points de vue à partir de laquelle appréhender le monde. »
Mette Sandbye, critique d’art a écrit sur la relation à l’image photographique chez Anders Moseholm :
«Anders Moseholm développe de manière continue un projet autour des possibilités formelles de la peinture. Parallèlement, exploitant les portées de réalité contenues dans le medium de la photo, il ajoute des fragments de narration à ses tableaux. Ce sont ces bribes d’histoires apparaissant par éclairs, qui nous font rentrer dans l’œuvre et y participer. [ ] Il exploite les aspects magiques du medium de la peinture, qu’il renforce par l’imprécision de ses touches larges et grossières. Ou encore il défait la séduction des motifs derrière une couche de texte, un effet de réflexion ou une gamme de couleurs quasi monochrome, instaurant une distance entre nous et l’espace du tableau. Le contact avec la réalité se constitue alors dans l’espace entre la peinture, le motif photographié et le spectateur. [ ]»
Chenxi Tang , historien, critique, de l’Université de Chicago a écrit dans un précédent catalogue:
«L’artiste joue avec la profondeur historique – la vie urbaine serait soit un paradis perdu à jamais, soit une utopie future, floue, incertaine, qui lutte sans cesse contre la netteté de l’instant présent. Cette stratégie prédominante de la distanciation spatio-temporelle est accompagnée de toute une série de réflexions ludiques. Certains tableaux nous renvoient l’interaction tendue entre des bribes d’images apparemment sans relation, d’autres simulent la coexistence difficile entre la reproduction mécanique et la subjectivité artistique. Tous dramatisent la spécificité visuelle propre à la peinture en intégrant, dans les images, des mots rarement lisibles. C’est dans les couches multiples et diversifiées de ces méthodes de mise à distance que réside le propos esthétique des oeuvres.»
Anders Moseholm
Anders Moseholm est née en 1959, a étudié à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague et à la Scool of Visual Arts de New York, Il vit et travaille à Copenhague. Deuxième exposition personnelle à Paris de cet artiste de la génération émergeante, très soutenu par la critique scandinave.
Infos pratiques
> Lieu
Galerie Birthe Laursen
56-58 rue Vieille du Temple. Paris 3e.
M° St Paul
> Horaires
du mardi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous
> Contact
T. 01 44 54 04 07
> Entrée libre
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