ART | EXPO

Fresh Breeze

02 Avr - 14 Mai 2016
Vernissage le 02 Avr 2016

L’artiste tchèque Jiri Kovanda poursuit une œuvre dans laquelle dimensions humoristique et existentielle se côtoient et s’entremêlent. L’exposition «Fresh Breeze» à gb agency réunit certaines de ses installations, livrant toute une réflexion critique sur l’essence du geste artistique, sa transmission et son inscription dans la vie quotidienne.

Jiri Kovanda
Fresh Breeze

L’exposition «Fresh Breeze» à gb agency donne à voir ce «souffle léger» qui relie les œuvres de Jiri Kovanda, comme une métaphore possible de la liberté de mouvement de la pratique artistique. Jiri Kovanda crée avant tout des jeux de décalages, en réemployant des objets sortis de leur contexte et provoquant ainsi des associations inattendues. Ces gestes, pour la plupart instinctifs mais jamais involontaires, offrent une remarquable cohérence. Derrière leur apparente légèreté anecdotique, presque aléatoire, il y a une extrême précision: toute la rigueur d’un geste et d’une intention chargés de sens.

Pour l‘exposition «Fresh Breeze» Jiri Kovanda a conçu dans son appartement ce que l’on pourrait nommer des sculptures d’intérieur: assemblages ou agencements de matériaux modestes et ordinaires qu’il considère comme des ‘’natures mortes’’ résultant de gestes simples. Eléments de mobilier, matériaux bruts et objets trouvés se télescopent ainsi dans des sculptures-collages.

Parmi ces œuvres on découvrira Autumn, une feuille d’arbre maintenue en équilibre sur la porte d’une armoire en bois à l’aide d’un fil scotché à ses extrémités, Breeze un sachet en plastique transparent gonflé et posé sur une commode, Bathing des tranches de mortadelle dans une baignoire, ou encore Cave, des cônes de chewing-gum disposés sur les bras d’un fauteuil. S’ils semblent ludiques, ces ‘’paysages’’ domestiques miniatures réalisés à partir d’un vocabulaire restreint évoquent pourtant les catégories et les enjeux classiques de la représentation sculpturale et picturale et se posent ainsi comme autant d’énigmes (proches des haïkus) adressés par l’artiste au spectateur.

Si certaines de ces sculptures ont été refaites dans l’espace de la galerie, d’autres ne subsistent que par leurs prises de vue réalisées par l’artiste. Gestes, installations et images de ces installations (affiches, photographies, détails et vues d’ensemble) se répètent et se déploient ainsi dans l’exposition comme autant de variations offrant différents filtres et modes d’appréhension d’un même motif.