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Le diable au corps. Quand l’Op Art électrise le cinéma

11 Mai - 29 Sep 2019

L’exposition « Le diable au corps. Quand l’Op Art électrise le cinéma » au MAMAC de Nice replonge dans les années 1960 en s’intéressant aux rapports frictionnels mais fructueux qui ont lié l’art optique et le septième art. A travers une trentaine de films, cent cinquante œuvres d’art plastique et des documents se dessinent ces relations complexes et l’esprit d’une époque avide de modernité.

L’exposition « Le diable au corps. Quand l’Op Art électrise le cinéma » au Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice revient sur les rapports qui se sont noués dans les années 1960 entre l’art optique et le septième art. Près de trente films et cent cinquante œuvres d’art plastique et documents analysent les relations complexes entre ces deux médiums, qui se sont concurrencés dans leur aspect pionnier et réciproquement stimulés, incompris, fascinés…

« Le diable au corps » : les rapports entre art optique et cinéma au MAMAC de Nice

Né à l’aube des années 1960, l’art optique, baptisé « op art » en 1964, a pour ressort la faillibilité de la vision humaine, qu’il exploite pour générer des jeux optiques, des effets d’illusion, des incertitudes spatiales, une impression de mouvement, de vibration ou de lumière. Cette tendance originaire d’Europe connaît rapidement une répercussion mondiale et porte une double motivation : bousculerla perception mais aussi démocratiser l’art.

Ce second objectif est parfaitement atteint puisque l’op art connaît un large succès populaire qui entraîne sa récupération sous de multiples formes. Le cinéma est l’une d’elle, qui, à la suite de la publicité, du design et de la mode s’approprie ces géométries abstraites perturbant les sens. Le cinéma est à la fois un prédécesseur de l’op art qui, comme lui, utilise le mouvement et la lumière et peut démultiplier ses jeux visuels, et un suiveur, qui, dans sa recherche de modernité, tend à le vampiriser. Le cinéma va ainsi transformer de façon inattendue l’op art.

L’op art et le cinéma se sont mutuellement nourris et sublimés

Nombre de réalisateurs et de décorateurs, de François Truffaut à Jacques Demy en passant par Joseph Losey  et Henri-Georges Clouzot avec son film inachevé L’Enfer, de la comédie au thriller, ont emprunté des caractéristiques graphiques à l’op art et y ont trouvé un langage et des thématiques qu’ils ont transposés dans le médium cinématographique, dans des scènes de surprise, d’effroi et d’hallucination, des personnages déviants et des expériences limites.

Nourrie d’incompréhensions et de mépris comme de fascination, la relation entre l’op art et le cinéma a enfanté des collaborations fructueuses comme des plagiats et une sublimation réciproque. L’exposition en explore l’origine comme les non-dits et souligne ce que le cinéma a révélé à l’op art de sa propre nature. A travers cette exploration, c’est tout l’esprit d’une décennie avide de modernité et de liberté qui se redéploie.

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