ART | EXPO

Fouille. Projet Lab n°5

09 Juil - 31 Juil 2010
Vernissage le 08 Juil 2010

À l'aide d'un logiciel de dessin en trois dimensions, Aurélie Mourier soustrait les particularités d'objets usuels pour les renvoyer à une sphère idéelle.

Aurélie Mourier
Fouille. Projet Lab n°5

Fouille est la première exposition personnelle d’Aurélie Mourier, jeune artiste récemment installée à Rennes. Depuis deux ans, l’artiste constitue un répertoire de formes modélisées à l’aide d’un logiciel de dessin en trois dimensions.

Commençant avec des objets usuels telle qu’une fourchette, elle leur soustrait leurs particularités et les renvoie ainsi vers une sphère idéelle. L’artiste poursuit aujourd’hui son travail en s’intéressant à la manière de générer ses objets d’études, complétant ainsi son répertoire avec des formes abstraites.

Afin de laisser sa place au hasard, elle délègue à d’autres le soin de générer la forme à analyser au moyen de lancés de dés successifs. Les résultats de ces lancés sont utilisés pour générer un modèle constitué de voxels (pixels à trois dimensions).

En appelant ces tiers des inventeurs, l’artiste se réfère au vocabulaire de l’archéologie qui désigne par ce terme celui où celle qui a découvert un vestige. Par ce biais, elle signifie l’existence en puissance des formes générées. On les imagine alors en attente dans une sorte de réservoir virtuel, prêtes à être découvertes puis étudiées avant d’être soigneusement classées.

De cette forme ainsi découverte elle extrait un certain nombre de données qui sont à la base de ses réalisations plastiques. L’aspect manufacturé de ses oeuvres fait perdre aux formes leur côté lisse et parfait, d’un univers virtuel elles basculent vers le réel, de la perfection vers l’individuation.

Les installations et croquis présentés dans l’exposition multiplient les points de vue d’un même objet. La surabondance de possibilités d’appréhender l’objet n’aboutit pas à une compréhension de celui-ci.

De la même façon qu’à la vue d’un écorché anatomique naît une certaine sensation d’étrangeté –donnant l’impression d’être face à autre chose qu’un être sans peau– la vue des oeuvres tirées de l’objet d’étude n’atteint pas à une connaissance encyclopédique.

Au contraire, plus nous avançons dans la visite plus la multitude de détails brouille notre perception de la forme que l’artiste se propose d’étudier jusque dans ses moindres aspects.

AUTRES EVENEMENTS ART