ART | EXPO

Forever Free, The Cinema Show: A Film Retrospective and Installations

07 Fév - 25 Avr 2010
Vernissage le 06 Fév 2010

L'exposition offre pour la première fois un aperçu rétrospectif de l'œuvre de Marnie Weber en mettant tout particulièrement l'accent sur  les films, installations et musiques des "Spirit Girls", groupe de musique rock inventé par l'artiste. Le travail de Marnie Weber, ménage toujours un état de malaise, de tension entre enfant et adulte, mâle et femelle, humains et animaux, vie et mort.

Marnie Weber
Forever Free, The Cinema Show: A Film Retrospective and Installations

L’exposition offre pour la première fois un aperçu rétrospectif de l’Å“uvre de Marnie Weber en mettant tout particulièrement l’accent sur  les films, installations et musiques des « Spirit Girls », groupe de musique rock inventé par l’artiste.

Née dans le Connecticut puis installée en Californie au gré des déplacements de son père, historien de l’art chinois, elle fait ses études à l’UCLA de Los Angeles où elle suit l’enseignement de Chris Burden et de Alexis Smith. Sa toute première activité connue au début des années quatre-vingts est celle de membre du groupe punk de Los Angeles, les « Party Boys ». À la dissolution du groupe elle conduit une carrière solo et réalise deux albums, Woman with Brass en 1994, puis Cry for Happy en 1996. Comme elle l’avait pratiqué au sein des « Party Boys », elle dessine ses costumes et met en scène ses performances. Pour ses albums, elle fait des collages qui marquent le début de son travail. Elle réalise également les couvertures CD d’autres groupes comme celle de l’album A Thousand Leaves de Sonic Youth en 1998. Ses très nombreux collages sont réalisés pour une partie d’entre eux à partir de magazines pour hommes où elle découpe des corps de femmes pour fabriquer des images composites où ces corps nus sont, par exemple, placés dans des intérieurs victoriens de chambres de palaces. Les images créées se jouent d’échelles paradoxales, dans un rapport du démesuré au tout petit, une sorte « d’immense intimité » où se construit peu à peu une mythologie de créatures et une ambiance qu’elle développe dans ses films et ses performances. Son itinéraire n’est pas sans rappeler celui de Linder Sterling que le Magasin avait présentée durant l’été 2006.

Le travail de Marnie Weber, qui se construit dans les années quatre-vingt-dix, incorpore beaucoup de médiums différents. Collage, sculpture, costume, performance, musique, film et vidéo concourent à la création de mondes de contes de fées habités par des créatures animales, des clowns et des personnages féminins. Elle y ménage toujours un état de malaise, de tension entre enfance/adulte, mâle/femelle, humains/animaux, vie/mort etc…. Ces mondes empruntent à la fois au cinéma, omniprésent à Los Angeles, à la culture populaire américaine, au surréalisme, à la musique et au bardo. Au début des années deux mille elle crée les « Spirit Girls », un groupe de musique composé de cinq adolescentes qui meurent tragiquement dans les années soixante-dix et qui reviennent sur terre pour délivrer leur message d’émancipation. Les Spirit Girls se réfèrent au mouvement spiritualiste américain du milieu du XIXème siècle, qui, dans la culture patriarcale dominante de l’époque, a su faire une place importante aux femmes, notamment avec l’exemple des sÅ“urs Fox de New York. Ces femmes, adolescentes ou très jeunes femmes, étaient les médiums nécessaires au contact avec l’au-delà. Elles étaient la plupart du temps suffragettes et abolitionnistes et donnèrent à ce mouvement sa coloration pré-féministe et progressiste. Les Spirit Girls croisent souvent des animaux dont l’ours (le symbole jungien par excellence de la puissance masculine) et des clowns ou le « hobo » ou «vagabond » inventé par Emmett Kelly au moment de la dépression, comme figure héroïque et persévérante qui transforme la tragédie en comédie la crise économique. Chaque épisode génère des collages, un film, une installation qui en reprend les éléments principaux du décor, des costumes et des sculptures.

L’exposition présente les installations sculpturales et les films qui leur correspondent dans leur ordre chronologique. Dans le premier épisode Songs that Never Die, en 2005, les Spirit Girls jouent différents rôles et interprètent à la fin une sorte de comédie musicale devant une assistance d’animaux. Sing Me A Western Song, qui lui succède en 2007, narre une nouvelle aventure des adolescentes dans un paysage de l’Ouest américain fantasmagorique, traversé par un cirque étrange et des clowns de même nature. Le troisième chapitre en 2009, The Truth Speakers, The Sea of Silence, met en scène les Spirit Girls à la recherche des Truth Speakers, un groupe de poupées ventriloques, par lequel elles souhaitent faire passer leur message au plus grand nombre. La dernière partie, The Campfire Song, est la recréation d’une banale scène de feu de camp, combinée avec un élément sonore, racontant une histoire de fantômes interprétée par les Spirit Girls, où les jeunes filles sont rejointes par des animaux inventés par l’artiste. Dans la partie centrale de l’exposition Marnie Weber crée une pièce nouvelle : une barque avec ses personnages et un paysage orageux peint sur les murs.

Dans les salles adjacentes, une sélection de ses films depuis les années quatre-vingt-dix, de ses collages et sculptures complète la présentation de son travail.
À l’issue de l’exposition, fin avril, parution de la première monographie consacrée à Marnie Weber (conversation avec Mike Kelley, texte de Doug Harvey).

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