ART | EXPO

Fondation mouvante, Volume IV

08 Jan - 16 Fév 2005

Objets dédoublés : une façon d’évoquer une nouvelle forme de schizophrénie, celle des objets et non des sujets. Au-delà de l’opposition entre le statique et le dynamique, les objets s’enchevêtrent et se métamorphosent, ou participent à des scénarios absurdes.

Communiqué de presse (extraits)
Thierry Mouillé
Fondation mouvante, Volume IV

Dans ce quatrième volet des travaux de la fondation mouvante, commencés en 1989, Thierry Mouillé propose un ensemble de pièces nouvelles qui touchent toutes, à première vue, à la question du double.
On connaissait les questionnements récurrents de la psychologie ou de la littérature, depuis Dr. Jekyll et Mr. Hyde au moins, sur le dédoublement de la personnalité. Thierry Mouillé a l’audace presque folle de s’interroger ici sur les possibilités d’un dédoublement de l’objet, parallèle au dédoublement du sujet. Comme dans les volumes précédents de la fondation mouvante, rassemblés sous forme d’expositions unitaires depuis 1998, l’artiste fait de ses pièces les acteurs potentiels d’un scénario rigoureux. Plus qu’auparavant peut-être, avec la question du double, il fait de cette indistinction voulue entre le sujet et l’objet le centre de sa recherche.
Sous le titre générique de «Fondation mouvante », Thierry Mouillé n’a cessé d’essayer de briser l’opposition traditionnelle du statique et du dynamique. Mouvement impossible peut-être, celui de « la construction sur des sables mouvants », lieu utopique aussi, d’un répertoire d’anti-monuments…Les volumes antérieurs de travaux donnaient ainsi à voir des glissements de terrain, des objets traversés par les ondes, des présences spectrales et revenantes, le projet de détournement d’un fl euve et aussi des mouvements vains ou sans appuis, des pièces qui patinent, qui s’affaissent, qui s’effondrent. Avec ce quatrième volume présenté à la galerie Claudine Papillon, l’artiste part d’objets stables à la conquête de leur mouvement. Un mouvement qui débute par une simple translation, décalage au principe d’une métamorphose à l’identique. L’objet s’incruste à lui-même, il s’autoparasite en même temps qu’il s’autoengendre.