PHOTO | FESTIVAL

Voies Off. Madchenland

06 Juil - 20 Sep 2015
Vernissage le 08 Juil 2015

La photographie de Karolin Klüppel est un arrangement volontaire de personnes et de lieux différents. Comme un scénariste, elle utilise un type de photographie dont le contenu est délibérément construit avant la prise de vue. Elle présente ici sa série Mädchenland, qui illustre la vie des fillettes du village de Mawlynnong au Nord-Est de l’Inde.

Karolin Klüppel
Festival Voies Off. Mädchenland

Karolin Klüppel est l’une des artistes sélectionnés pour le Prix Voies Off 2015. Dans le cadre de la Galerie à Ciel Ouvert de la SEMPA et du projet «Griffeuille, la photographie à l’échelle d’un quartier». Pour cette exposition monumentale, son travail est présenté en très grand format sur les murs et les frontons du quartier.

Née ne 1985, Karolin Klüppel est une jeune photographe allemande, diplômée de l’École des Beaux-Arts de Kassel en Allemagne et de celle de Lisbonne au Portugal.

Elle a passé neuf mois dans le village de Mawlynnong au Nord-Est de l’Inde, auprès de la communauté Khasi où les femmes ont un rôle dominant dans la famille. C’est en effet la mère qui transmet l’héritage, la propriété, le nom de famille et les titres à ses enfants, et notamment à la plus jeune de ses filles qui devient la gardienne du patrimoine familial. Ce sont donc ses petites filles qui occupent l’une des places les plus importantes.

La série Mädchenland (Le pays des petites filles) illustre la vie des fillettes du village dans leur environnement. Si leurs visages ont parfois un air grave ou fier, Karolin Klüppel se concentre sur les fillettes elles-mêmes, leurs jeux, leurs attitudes, leurs gestes quotidiens… Ainsi, elle propose un regard à la fois poétique et délicat sur la culture asiatique.

«Je pense que ce qui est dérangeant sur le visage de ces enfants, c’est qu’on n’y trouve pas d’expressions enfantines mais une authenticité. L’enfance, dans les villages indiens, est totalement différente de ce que nous connaissons ici. Les enfants doivent très tôt prendre des responsabilités et aider aux travaux ménagers. C’est vraisemblablement pour cette raison qu’ils développent dès leur plus jeune âge une forte personnalité.
La plupart des fillettes de Mawlynnong aimaient se faire photographier. Elles pouvaient s’y prêter de très bonne grâce, c’était un jeu pour elles.» (Karolin Klüppel, entretien avec Véronique Giraud)