DANSE | SPECTACLE

Festival Plastique Danse Flore. Deux ou trois bagues au doigt

20 Sep - 21 Sep 2014
Vernissage le 20 Sep 2014

Chassé-croisé affectif, plaçant la dialectique du couple et de l’individu au cœur de son propos, Deux ou trois bagues au doigt livre une vision poétisée mais sans concession du phénomène amoureux. Croisant la réflexion post-métaphysique de Badiou et la crudité de l’esthétique de Jodorowsky, la pièce évolue entre transcendance et monde la chair, favorisant les échanges entre l’intimité subjective et la relation à l’autre.

Annabelle Pulcini
Festival Plastique Danse Flore.
Deux ou trois bagues au doigt

Deux ou trois bagues au doigt parle d’amour et d’éternité. Avec une volonté d’authenticité, la pièce va et vient entre sérieux, distance, naïveté et ironie salvatrice. Le public est invité à partager l’intimité d’un quatuor, deux femmes et deux hommes, petite communauté avec de drôles de pratiques, qui parfois se divise en couples, en individualités, pour finir sur une partie carrée.

Annabelle Pulcini part de son expérience de la fasciathérapie, pratique somatique qui prend le corps dans sa globalité, pour stimuler l’intériorité et la subjectivité des danseurs interprètes. La base de cette pratique est l’éveil et la perception au mouvement interne comme mode de relation à soi et à l’autre.

Parallèlement, Annabelle Pulcini s’est intéressée au travail cinématographique de Alejandro Jodorowsky, réalisateur et acteur, auteur de nombreux films surréalistes et provocateurs, connu pour sa pratique de la psychomagie, du tarot divinatoire et de la psychogénéalogie. Annabelle Pulcini cherche à faire résonner sa propre pratique avec l’univers cinématographique cru et mystique de l’artiste d’origine chilienne. Son cinéma évoque très librement l’amour, la trahison, la manipulation, les croyances, la dépendance, la filiation, l’infirmité, la monstruosité physique. Quoique éloignés de nos canons culturels, ses films bousculent et interrogent de par leur profond humanisme.

Partagée entre fascination et rejet, intriguée à la fois par le rattachement au réel et l’ésotérisme de ses deux mondes, l’artiste interroge par la perception et la pratique ce qui fait écho entre espaces intérieurs et espaces extérieurs, corporels et culturels, pour finalement reconnaître les contradictions dont nous sommes faits.