DANSE | SPECTACLES

Festival d’automne. Partita 2. Sei solo

26 Nov - 01 Déc 2013
Vernissage le 26 Nov 2013

Chorégraphes, Anne Teresa de Keersmaeker et Boris Charmatz restent tous deux animés par le désir irrépressible de danser. Avec Partita n°2, ils se retrouvent pour un voyage à travers l’œuvre de Bach. Leur danse témoigne des entrelacs et des points de contact de leurs recherches respectives, du plaisir de danser, du plaisir de penser.

Boris Charmatz, Anne Teresa de Keersmaeker
Festival d’automne.
Partita 2. Sei solo

Le rapport entre danse et musique constitue l’élément fondateur du travail chorégraphique d’Anne Teresa de Keersmaeker, une équation qu’elle explore depuis plus de 30 ans, et qui l’a vu aborder tous les répertoires, de Bach à Steve Reich en passant par John Coltrane ou Joan Baez.

Après 3Abschied, où elle évoluait entre les musiciens jouant le Chant de la terre de Mahler, elle se confronte à un autre «monument» musical: la Partita n°2 pour violon seul de Bach et sa célèbre Chaconne, opposant à la danse, à ses pas, à ses tremblements, la pureté de sa structure et les déchirements de sa mélodie.
Guidée par le besoin de remettre son propre corps en jeu et de voir «où en est sa danse, aujourd’hui», elle a invité le chorégraphe Boris Charmatz à la rejoindre pour entremêler, à deux, les ritournelles et les cadences de cette suite instrumentale.

Dans l’écrin d’un espace conçu par le plasticien Michel François, et accompagnées de la violoniste Amandine Beyer, deux silhouettes cherchent à situer leur danse, aujourd’hui, entre les lignes labyrinthiques de cette architecture vivante. Des cordes aux corps, le contrepoint vibre et s’anime – a courante se remet à courir, la gigue à virevolter.

Avec le désir de glisser une partition secrète sous leurs pas, Anne Teresa de Keersmaeker et Boris Charmatz esquissent tout ce qui vibre entre les notes –rythmes suspendus ou basses fantômes. Mêlant strates expressives et tracés abstraits, la danse s’invente avec et à côté de la musique– toujours au bord du rythme, effleurant le silence. De ce jeu avec la structure, caressée ou diffractée, se déploie une solitude habitée.

critique

Festival d’automne. Partita 2. Sei solo