DESIGN | EXPO

Ferry Fétiche

30 Jan - 12 Mar 2016
Vernissage le 30 Jan 2016

Jean-Marie Perdrix présente à la galerie Samy Abraham deux séries d’objets en plastique recyclé, fondu et compressé, au Burkina Faso. Après s’être confronté au totem phallique burkinabé, il réfléchit à la réalisation en série de tables d’écoliers en matériaux recyclés, destinées aux écoles surpeuplées du pays.

Jean-Marie Perdrix montre deux séries d’objets, des totems et des tables, réalisés au Burkina Faso en recyclant des plastiques ménagés usagés. Ils sont fondus manuellement et formés sous presse. Ce procédé artisanal s’effectue en partenariat avec une famille d’artisans bronziers, amis de longue date de l’artiste.

Ce projet débute en 2002 avec la réalisation de répliques en plastiques recyclés d’une figure totémique burkinabée, celle de l’ancêtre, du phallus, installées dans une accumulation sans équivoque. Jean-Marie Perdrix a réfléchi par la suite au fonctionnement d’un atelier type, capable de fabriquer en nombre et en qualité des éléments utilitaires à base de déchets plastiques. Grâce à une aide de la Fnagp, la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques, il lui a été possible de coordonner la mise au point d’un atelier à Ouagadougou, afin de lancer une production en série de tables d’école.

Dans une classe de primaire de l’enseignement public au Burkina-Faso, il y a 60 élèves par classes — 20 tables, 3 élèves par table. Les parties en bois des tables d’écoliers sont remplacées par du plastique recyclé. C’est un modèle familier, avec un banc intégré, design hérité de la colonisation et de l’école de Jules Ferry, dont Jean Marie Perdix s’est emparé comme il avait approché l’objet totem .

Trois tables présentées à la galerie Samy Abraham témoignent de la réussite du projet. Comme des masques ou des fétiches: ces tables répondent à une fonction sociale qui disparaît lorsque hors de leur contexte originel, ces objets deviennent œuvres d’art. Pourtant, ils ont peu de valeur sans avoir accompli cette fonction, réelle ou symbolique.

La production d’un premier lot de trente tables destinées une école élémentaire de Ouagadougou a permis la formation du personnel de l’atelier et la mise au point de son équipement. Les objectifs concrets et les capacités de production ont été établis avec ce test grandeur nature. Cet atelier de recyclage des déchets plastiques ménagés emploie de manière pérenne 10 personnes. La fabrication annuelle de 2000 tables y est prévue, qui seront commercialisées dans les écoles primaires du Burkina Faso. 50 femmes se chargeront de collecter les 100 tonnes de plastiques usagés nécessaires auprès des habitants de la ville, pour un gain de salubrité publique important.